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Ursula Von der Leyen. Photo : @UE

Groenland : dans un monde de « puissance brute », Ursula von der Leyen appelle l’UE à rompre avec sa prudence stratégique

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Face à un ordre international qu’elle juge de plus en plus instable et dominé par la loi du rapport de force, la présidente de la Commission européenne et contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ursula von der Leyen a exhorté ce mercredi 21 janvier l’Union européenne à changer de posture. Devant le Parlement européen, à Strasbourg, elle a appelé l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » pour faire face à un monde désormais défini par la « puissance brute ».

« Nous vivons désormais dans un monde défini par la puissance brute, qu’elle soit économique ou militaire, technologique ou géopolitique », a déclaré Ursula von der Leyen, dressant le tableau d’un ordre international profondément bouleversé. Elle a évoqué une série de foyers de tensions qui, selon elle, illustrent cette dérive, citant la situation « instable » dans l’Arctique et au Groenland, les bombardements « incessants » en Ukraine, ainsi que les tensions persistantes au Moyen Orient et dans la région indo pacifique.

Cette intervention intervient alors que le Forum économique mondial se déroule à Davos, dans un climat diplomatique particulièrement tendu entre les alliés occidentaux.

Mise en garde adressée à Donald Trump

Sans le nommer frontalement, la présidente de la Commission européenne a adressé une mise en garde directe au président américain Donald Trump, à quelques heures de son discours attendu à Davos.

 Von der Leyen a d’ailleurs quitter Davos avant le discours de Trump, esquivant ainsi le préside,t américain.

« Si nous nous engageons aujourd’hui dans une dangereuse spirale descendante entre alliés, cela ne fera qu’encourager les adversaires que nous sommes tous deux déterminés à tenir à l’écart de notre paysage stratégique », a-t-elle affirmé à Strasbourg, soulignant les risques d’un affaiblissement du lien transatlantique.

Cette déclaration fait écho aux propos récents de Donald Trump sur le Groenland. Interrogé par des journalistes sur les limites de son projet d’acquisition du territoire arctique, le président américain a répondu de manière énigmatique : 

« Vous le découvrirez. »

Le Groenland au cœur des préoccupations sécuritaires

Au delà des déclarations politiques, la tension se traduit désormais sur le terrain militaire. Mercredi matin, la France a réclamé l’organisation d’un exercice de l’OTAN au Groenland, affirmant être prête à y contribuer.

Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume Uni, ont déjà déployé du personnel militaire sur ce territoire dans le cadre d’une mission de reconnaissance. Cette opération s’inscrit dans la perspective d’un exercice organisé par le Danemark avec des alliés, en dehors du cadre formel de l’OTAN et donc sans implication directe des États Unis.

Une réponse européenne en construction

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne doivent se réunir jeudi soir à Bruxelles afin de définir une ligne commune face aux prétentions américaines sur le Groenland et à l’attitude jugée de plus en plus agressive de Washington à l’égard des pays européens.

En filigrane, c’est la souveraineté d’un territoire rattaché à un État membre de l’Union, le Danemark, qui est en jeu. Pour Ursula von der Leyen, le message est clair : l’Europe ne peut plus se contenter de prudence diplomatique dans un monde où la force redevient un instrument central des relations internationales. L’enjeu, selon elle, est désormais de taille : préserver l’autonomie stratégique européenne face à un environnement global de plus en plus brutal et imprévisible.

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