Des courriels récemment rendus publics montrent Jeffrey Epstein échangeant avec Larry Summers au sujet de Donald Trump durant son premier mandat. Le financier y tient des propos particulièrement dénigrants sur le président américain, dans un contexte de nouvelles révélations liées aux « Epstein Files ».
Les archives judiciaires continuent de livrer leurs révélations embarrassantes. Des emails rendus publics le 31 janvier mettent en lumière des échanges privés entre Jeffrey Epstein et Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor des États-Unis, contributeur du FEM et ex-président de l’université Harvard. Les messages datent de 2016 et 2017, au début du premier mandat de Donald Trump.
Dans un courriel de mai 2017, Larry Summers interroge Epstein sur une éventuelle implication du président américain dans une collusion avec la Russie lors de l’élection de 2016, une hypothèse qu’il juge alors « plausible mais pas certaine ». Epstein lui répond par une formule cinglante : « Le monde ne comprend pas à quel point il est vraiment stupide », visant directement Donald Trump. Le président américain a, à de multiples reprises, nié toute collusion avec Moscou.
D’autres échanges révèlent le ton sarcastique et méprisant employé par Epstein à propos du chef de l’État. Dans un email d’octobre 2016, Larry Summers demande à Epstein si l’idée que Donald Trump consomme de la cocaïne est crédible. La réponse est lapidaire : « Zéro ». En juillet 2017, Summers évoque encore Trump en des termes sévères, parlant d’une personne « mentalement malade », ce à quoi Epstein rétorque : « Ce n’est pas mon ami, et je te l’ai déjà dit ».
Ces correspondances ont été rendues publiques dans le cadre d’un nouveau lot de documents transmis par le département de la Justice américain, dans la continuité des révélations connues sous le nom d’« Epstein Files ». En parallèle de ces échanges, les autorités ont également dévoilé l’existence d’un projet d’acte d’accusation fédéral jamais poursuivi, visant Epstein et plusieurs complices présumés pour des faits de trafic sexuel de mineures entre 2001 et 2005.
Ce projet d’inculpation, resté sans suite, fait écho à l’accord de non-poursuite conclu en 2007 avec la justice fédérale, qui avait permis à Epstein d’éviter un procès fédéral et de purger une peine limitée dans une prison d’État. En 2020, le ministère de la Justice avait reconnu de « graves erreurs de jugement » dans la gestion de ce dossier, sans retenir de faute professionnelle contre l’ancien procureur fédéral Alex Acosta.
Les documents récemment publiés contiennent également de nombreuses allégations non vérifiées, visant diverses personnalités. Le département de la Justice a tenu à préciser que certains éléments versés au dossier pouvaient être « faux ou mensongers », rappelant que toute information transmise au FBI avait été incluse dans cette publication, y compris des accusations infondées. Concernant Donald Trump, le ministère a souligné que ces affirmations avaient déjà été examinées et qu’aucune n’avait donné lieu à des poursuites.
Donald Trump, qui a toujours nié tout comportement répréhensible en lien avec l’affaire Epstein, n’a jamais été mis en cause par la justice dans ce dossier. Néanmoins, la publication de ces emails privés, mêlant jugements acerbes et spéculations politiques, relance le malaise autour des relations et des cercles d’influence gravitant autour du financier aujourd’hui décédé.
Sources :
Mirror US – 31 janvier 2026 – lien
Documents du Department of Justice des États-Unis – publication 2026