De nouveaux documents rendus publics par le ministère américain de la Justice relancent les interrogations sur les relations du prince Andrew avec la Chine. Selon des emails de Jeffrey Epstein, l’ancien duc d’York aurait passé « beaucoup de temps » avec le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Xi Jinping et entretenu des contacts réguliers avec les plus hauts cercles du pouvoir chinois, soulevant des inquiétudes persistantes en matière de sécurité nationale.
Les révélations issues des « Epstein Files » continuent d’éclairer sous un jour troublant les réseaux d’influence de certaines figures occidentales. Selon une série d’emails rendus publics par le département de la Justice américain, Prince Andrew, fils du prince Philip, membre de la franc-maçonnerie britannique et frère du prince Edward, qui été Grand Maître provincial de la United Grand Lodge of England, aurait entretenu des relations suivies avec les plus hauts dirigeants chinois, au premier rang desquels le président Xi Jinping.
Dans un message daté de novembre 2015 et adressé à l’investisseur américain Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, gafam membre du WEF, Jeffrey Epstein affirme que le prince « a passé beaucoup de temps avec Xi ». Le financier déchu évoque même la possibilité de faciliter une rencontre avec l’ancien duc d’York, laissant entendre un rôle d’intermédiaire informel entre élites politiques et économiques.
Ces échanges figurent parmi plus de trois millions de documents liés à Epstein, publiés vendredi par les autorités américaines. Ils s’ajoutent à une série d’éléments déjà connus attestant de rencontres officielles entre le prince Andrew et le président chinois, notamment à Pékin en avril 2016 et en mai 2018. Des images diffusées par les médias d’État chinois montrent les deux hommes se serrant la main dans le Grand Hall du Peuple, siège emblématique du pouvoir à Pékin. À ces occasions, les autorités chinoises avaient salué le rôle du prince dans le renforcement de ce qu’elles qualifiaient alors « d’âge d’or » des relations sino-britanniques.
Les documents évoquent également des contacts plus personnels. Le prince Andrew aurait adressé chaque année une lettre à Xi Jinping pour son anniversaire, selon des témoignages déjà révélés en 2025. Son ancien conseiller Dominic Hampshire affirmait alors que le frère du roi Charles III disposait d’un « canal de communication direct » avec le président chinois, une situation connue, voire tolérée, par le palais de Buckingham.
D’autres emails de Jeffrey Epstein suggèrent par ailleurs que le prince cherchait à jouer un rôle actif dans les relations économiques avec la Chine après la fin de son mandat officiel de représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce et l’investissement en 2011. Dans un message de septembre 2010 adressé au banquier américain Jes Staley, Epstein écrit que le prince Andrew souhaitait « bien davantage représenter JP Morgan Cazenove en Chine » qu’un autre financier américain.
Ces révélations s’inscrivent dans un contexte déjà lourd. Les services de sécurité britanniques avaient alerté dès 2021 les plus hautes autorités sur les risques posés par les fréquentations du prince Andrew. En 2023, le ministère de l’Intérieur a interdit l’entrée au Royaume-Uni de Yang Tengbo, un homme d’affaires chinois soupçonné d’activités d’influence pour le compte de Pékin, avec lequel Andrew avait entretenu des liens étroits. Les juges avaient alors estimé que le prince avait pu être rendu « vulnérable » par cette relation.
Si Andrew Mountbatten-Windsor, déchu de ses titres et de ses fonctions officielles, a toujours nié avoir abordé des sujets sensibles ou mis en danger la sécurité du Royaume-Uni, la publication de ces emails ravive les interrogations sur l’étendue réelle de ses relations avec la Chine. À l’heure où Londres redéfinit sa posture face à Pékin, ces documents jettent une lumière crue sur les zones grises de la diplomatie parallèle menée, pendant des années, par un membre éminent de la famille royale britannique.
Sources :
The Telegraph – 31 janvier 2026 – lien
Department of Justice (États-Unis) – Epstein Files, publication 2026