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Photo : @New York State Division of Criminal Justice

Ariane de Rothschild : les Epstein Files révèlent une proximité durable avec Jeffrey Epstein

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La publication de nouveaux documents judiciaires américains éclaire d’un jour cru la relation entre Ariane de Rotschild et Jeffrey Epstein. Selon ces archives, le financier new-yorkais a exercé pendant plusieurs années une influence officieuse mais structurante au sein du Groupe Edmond de Rothschild, membre du Forum économique mondial.

La dernière livraison des « Epstein Files », rendue publique par le ministère américain de la justice le 30 janvier, met notamment en lumière l’ampleur des liens ayant uni Jeffrey Epstein à Ariane de Rothschild qui a participé à la réunion du groupe Bilderberg de 2019, qui s’est tenue à Montreux, en Suisse. Des centaines de courriels exhumés par la justice attestent d’une relation étroite, à la fois professionnelle et personnelle, qui s’étend de 2013 jusqu’à l’arrestation du financier en 2019. À rebours des versions initialement avancées par la banque, Epstein apparaît non comme un simple contact périphérique, mais comme un conseiller officieux influent auprès de la dirigeante du groupe bancaire suisse Edmond de Rothschild.

Les échanges dévoilent un degré de familiarité peu commun. En septembre 2015, Ariane de Rothschild partage ainsi avec Epstein, quasi en temps réel, les détails d’un conflit interne à la dynastie familiale. La querelle oppose alors la banquière genevoise à David de Rothschild, installé à Paris, autour de l’usage du nom Rothschild, après le changement d’enseigne de la banque Paris Orléans en « Rothschild & Co ». Epstein se permet de suggérer des compromis de marque, endossant un rôle de conseiller stratégique dans un dossier hautement sensible, finalement réglé par un accord en 2018.

Ces courriels, issus des archives judiciaires américaines, illustrent la place singulière occupée par Epstein auprès de l’une des figures majeures de la banque privée européenne. Héritière par alliance de la dynastie, Ariane de Rothschild, devenue présidente exécutive du groupe en janvier 2015 avec le soutien de son époux Benjamin, s’appuie alors sur le réseau international du financier. Cette relation se noue alors même qu’Epstein est déjà condamné aux États-Unis pour prostitution de mineure, un élément qui ne semble pas avoir altéré la confiance qui lui est accordée.

Sur le plan des affaires, l’apport d’Epstein se révèle décisif dans un contexte tendu pour les banques suisses. En 2013, les autorités américaines lancent une offensive contre les établissements helvétiques soupçonnés d’avoir facilité l’évasion fiscale de contribuables américains. Visé par cette procédure, le groupe Edmond de Rothschild bénéficie de l’intervention d’Epstein, qui met Ariane de Rothschild en relation avec l’avocate américaine Kathryn Ruemmler, ancienne conseillère juridique de l’administration Obama. L’accord conclu en décembre 2015 avec le ministère américain de la justice se solde par une amende de 45 millions de dollars, bien inférieure aux montants initialement envisagés.

Cette médiation n’est pas sans contrepartie. Un projet d’accord daté d’octobre 2015 prévoit le versement de 25 millions de dollars à une société contrôlée par Epstein, Southern Trust Company, enregistrée aux îles Vierges américaines. La banque reconnaît que le financier a été impliqué dans plusieurs missions de conseil, allant de l’analyse des risques à l’introduction de hauts dirigeants, sans toutefois détailler l’ensemble des rémunérations perçues.

Au fil des années, Epstein élargit encore son champ d’action. Il se présente comme un intermédiaire incontournable, affirmant même « représenter les Rothschild » auprès de figures de la Silicon Valley, dont le contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Peter Thiel.

Il évoque également, en 2016, l’hypothèse d’une cession partielle de la banque, suggérant des acheteurs potentiels et réclamant une commission. En parallèle, il multiplie les mises en relation, facilitant des rencontres avec des responsables politiques et économiques de premier plan, tels que l’ancien premier ministre israélien et contributeur du FEM, Ehud Barak.

Au-delà des affaires, les documents révèlent une relation de plus en plus personnelle. Dîners, petits déjeuners, invitations privées et attentions du quotidien jalonnent les échanges entre 2013 et 2019. Ariane de Rothschild figure même parmi les invités de l’anniversaire d’Epstein en 2015, aux côtés d’intellectuels et de personnalités internationales. Jusqu’aux derniers mois précédant son arrestation, le financier reste un interlocuteur privilégié de la banquière, la félicitant encore en mars 2019 pour la sortie de la cote du groupe à Zurich.

Certains mails échangés sont à l’origine de révélations chocs. On apprend notamment qu’Arianne de rotchild s’est indignée après avoir visionné une vidéo de Dieudonné, qualifiant ses propos sur « les Juifs et l’argent » d’« outrageants » et s’inquiétant du nombre de vues. Quelques jours plus tard, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Manuel Valls, interdira les spectacles de l’humoriste.

Ariane de Rothschild a également fait une déclaration étonnante : « on disait régulièrement que les Rothschild « planifiaient » et soutenaient Hitler dans des destructions massives pour accroître son pouvoir »

Enfin, dans un courriel de janvier 2019 Ariane de Rothschild évoque les manifestations des Gilets jaunes à Lyon et des inquiétudes sécuritaires autour d’une agence bancaire « Nous sommes régulièrement attaqués, tu peux les voir sur YouTube en face de notre banque à Lyon. Tu penses que je devrais ajouter des renforts israéliens ? Les Français sont débordés… », questionne-t-elle. Epsetein lui répond : « Des renforts oui. Mais pas israéliens »

Sources :

Le Monde – 4 février 2026 – lien

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