Fin 2024, l’élection présidentielle roumaine a été annulée par la justice alors que le candidat souverainiste Calin Georgescu se dirigeait vers une victoire.
La décision reposait principalement sur des accusations d’ingérence russe via les réseaux sociaux, en particulier TikTok, accusé d’avoir servi de vecteur à une campagne coordonnée de désinformation.
Selon les autorités roumaines, un réseau massif de comptes aurait été mobilisé pour influencer l’opinion publique en faveur du candidat, justifiant ainsi l’invalidation du scrutin pour atteinte à l’intégrité démocratique.
Ce que révèlent les documents déclassifiés
De nouveaux éléments viennent aujourd’hui remettre en cause cette version. Des documents déclassifiés par le ministère américain de la Justice transmis aux institutions européennes indiquent que TikTok n’a identifié aucune preuve d’un réseau coordonné de 25 000 comptes liés à la campagne de Calin Georgescu, contrairement à ce qu’affirmaient les services de renseignement roumains.
Dans une réponse officielle adressée à la Commission européenne de la contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ursula von der Leyen, la plateforme précise qu’après enquête interne, aucune activité coordonnée inauthentique n’a été établie, ni aucun lien démontré avec une opération étrangère, russe ou autre.
TikTok affirme continuer à appliquer ses procédures standards de surveillance, d’investigation et de suppression des comportements trompeurs, mais souligne que les accusations formulées n’étaient étayées par aucun élément probant.
Une thèse d’ingérence russe de plus en plus contestée
Selon ces nouveaux documents, la campagne présentée comme russe sur TikTok aurait en réalité été financée par un autre parti politique roumain, sans lien établi avec Moscou.
Un élément majeur, passé sous silence lors de l’annulation de l’élection, et qui remet en question la légitimité de la décision judiciaire.
Une instrumentalisation politique des accusations d’ingérence ?
Pour plusieurs observateurs, cette affaire illustre une tendance préoccupante en Europe : l’usage extensif et parfois non vérifié de l’argument de l’ingérence étrangère pour neutraliser des forces politiques jugées indésirables.
Calin Georgescu, connu pour ses positions critiques envers l’Union européenne et l’OTAN, incarnait une ligne politique en rupture avec l’orientation pro-européenne dominante en Roumanie.
L’annulation du scrutin, fondée sur des accusations aujourd’hui fragilisées, pose une question centrale : les mécanismes de défense de la démocratie peuvent-ils devenir des outils de contournement du suffrage populaire ?
