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Vera Jourová. Photo : @UE

Epstein Files : Des mails révèlent des pressions de l’UE sur les plateformes pour modérer les contenus liés au Covid-19

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Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les institutions européennes ont été fortement mobilisées contre la désinformation liée au virus, aux mesures sanitaires et aux vaccins. Deux courriels internes, rendus publics dans le cadre des dossiers Epstein par le ministèreère de la justice américain, montrent comment certains fonctionnaires de la Commission européenne ont sollicité, en 2020 et 2021, la coopération de grandes plateformes numériques pour lutter contre les contenus jugés problématiques.

Le premier message, daté du 30 octobre 2020, émane d’un haut fonctionnaire du cabinet de la vice-présidente de la Commission européenne en charge des valeurs et de la transparence, Věra Jourová. Il s’adresse à des correspondants identifiés comme responsables des relations avec des plateformes majeures (Microsoft, Facebook, Twitter, Google, etc.). Le courriel souligne que, dans le cadre de la stratégie européenne contre le Covid-19, la Commission a été chargée de “Lutter contre la désinformation et la mésinformation sur les vaccins (et les tests) ”. Il demande explicitement aux plateformes de fournir des données et des analyses sur les principales narrations, leurs réactions et des tendances, afin de concevoir un plan de travail ciblé pour lutter contre la désinformation vaccinale.

Le message insiste sur l’urgence de la coopération, la nécessité de disposer d’informations sur les pratiques de modération et de gestion des contenus par les plateformes et sollicite une réponse rapide, tout en affirmant que cette démarche bénéficie de l’accord et de la connaissance des plus hauts responsables de la Commission.

Le second courriel, daté du 4 novembre 2021, est plus ciblé sur une campagne spécifique. L’auteur, également un fonctionnaire de la Commission de la contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ursula von der Leyen, écrit à un interlocuteur interne qu’il « voit que certaines plateformes mettent en place des mesures pour lutter contre la désinformation à propos de la campagne de vaccination Covid-19 pour les enfants aux États-Unis ». Il demande s’il existe des informations sur de telles mesures chez TikTok, car il ne trouve rien dans les annonces publiques. Ce message montre que les institutions européennes suivaient les efforts de modération de désinformation des plateformes, y compris dans des contextes internationaux ou spécifiques à certaines populations (ici, la vaccination des enfants).

Ces documents n’indiquent pas que la Commission européenne avait une autorité juridique ou le pouvoir de contraindre juridiquement les plateformes à censurer des contenus. Ils montrent cependant une volonté institutionnelle de dialoguer formellement avec les grandes entreprises de réseaux sociaux, de recueillir des informations sur leurs pratiques de modération et de favoriser des efforts communs contre la désinformation sanitaire. Cela s’inscrit dans un cadre plus large de coopération entre les pouvoirs publics et les plateformes numériques qui s’est intensifié pendant la pandémie. Les Nations unies ont par exemple lancé la campagnes #Verified censée lutter contre les fausses informations scientifiques tandis le secrétaire général de l’OMS et contributeur du FEM, Tedros Adhanom Ghebreyesus affirmait que le crise sanitaire était doublée d’une crise informationnelle, inventant le terme infodémie.

Cette dynamique s’est aussi matérialisée par des codes de bonnes pratiques sur la désinformation adoptés par la Commission en 2021, qui ont invité les plateformes à prendre des mesures pour identifier, analyser et réduire les contenus trompeurs, en particulier ceux qui pourraient nuire à la santé publique.

Toutefois, lesTwitter Files ont révélé de graves dérives y compris le Virality Project, une collaboration entre les services de Renseignements américains et les plateformes de réseaux sociaux, via l’université Stanford, membre du Forum économique mondial, visant a contrôler le narratif scientifique durant la pandémie de Covid-19.

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