You are currently viewing Epstein Files : l’enquête de Sayer Ji sur l’architecture globale des pandémies et le rôle central de Bill Gates
Sayer Ji. Photo : @Sayerji

Epstein Files : l’enquête de Sayer Ji sur l’architecture globale des pandémies et le rôle central de Bill Gates

L’enquête qui circule depuis la publication d’une nouvelle vague de documents liés à Jeffrey Epstein émane de Sayer Ji, auteur et éditeur sur Substack. Son article, titré en anglais « INFO DE DERNIÈRE MINUTE : Les dossiers Epstein révèlent une architecture de 20 ans derrière les pandémies utilisées comme modèle économique, avec Bill Gates au centre du réseau », propose une lecture structurée d’emails, d’accords et de notes internes issus des dossiers rendus publics dans le cadre des Epstein Files, en mettant l’accent sur la façon dont certains acteurs dont Bill Gates auraient pensé la « préparation aux pandémies » comme un domaine durable de financement, d’investissement et de gouvernance.

Ce texte en propose une adaptation explicative en français, en conservant une approche factuelle sur ce que l’enquête affirme, ce qu’elle documente, et les limites à garder en tête.

Ce que Sayer Ji affirme examiner, et ce qu’il dit ne pas examiner

Sayer Ji insiste sur un point : son enquête ne porte pas sur l’origine du Covid-19. Elle ne cherche pas à établir si le virus a été fabriqué, relâché volontairement ou non, ni à attribuer une intention criminelle.

Son angle est différent : il s’agit d’identifier ce qui existait avant 2020, autrement dit des mécanismes déjà en place autour de la préparation aux pandémies, des vaccins, des outils financiers et des réseaux d’influence. Selon lui, les documents montrent que les pandémies et les vaccins auraient été traités, bien avant le Covid-19, comme des catégories stratégiques « permanentes », au croisement de la philanthropie, de la finance et de la gestion du risque.

Le pivot de l’enquête : le rôle attribué à Epstein comme intermédiaire

Le point central et le plus problématique, dans la lecture proposée par Sayer Ji, est la place occupée par Jeffrey Epstein dans certaines interactions. Il met en avant des échanges où des responsables de JPMorgan, la banque membre du Forum économique mondial qui sollicitent Epstein dès 2011 pour structurer un projet de fonds de type « fonds conseillé par les donateurs » en lien avec l’univers philanthropique du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Bill Gates.

Dans ces échanges, l’enquête souligne deux éléments récurrents : Epstein est présenté comme un interlocuteur consulté pour définir une architecture opérationnelle (gouvernance, conformité, exécution, structure juridique); le thème des vaccins apparaît comme un argument clef de levée de capitaux. Les protagonistes insistent pour que la présentation inclue l’expression « argent supplémentaire pour les vaccins » et ordonnant la création d’un « bras offshore – spécialement pour les vaccins ».

Sayer Ji insiste sur la nature de la situation : une grande banque sollicitant les recommandations d’un homme déjà condamné en 2008, ce qui pose une question de gouvernance et de vigilance institutionnelle, indépendamment de toute hypothèse complotiste.

Pandémies, vaccins et « ingénierie financière » : la thèse d’un système pré-positionné

L’enquête met en lumière un ensemble de dispositifs élaborés bien avant la crise du Covid-19. Elle décrit l’émergence de structures philanthropiques pensées pour opérer à grande échelle, s’inscrire dans la durée et s’adapter à des montages internationaux complexes. À ces outils s’ajoute une logique d’« impact investing » appliquée à la santé mondiale, où la recherche de rendement financier coexiste avec le financement de médicaments et de vaccins. L’ensemble est complété par des exercices de simulation et des dispositifs de préparation intégrés à des stratégies de coordination entre acteurs publics, privés et philanthropiques.

Selon l’analyse proposée par Sayer Ji, cette convergence fait apparaître un risque structurel. Dès lors que des instruments existent pour financer, assurer, modéliser et rentabiliser certains scénarios de crise, celle-ci peut cesser d’être uniquement un enjeu de santé publique pour devenir un objet de planification économique à part entière.

Event 201, simulations et soupçon de « convergence »

L’enquête revient aussi sur Event 201, simulation d’une pandémie de coronavirus organisée en octobre 2019. Sayer Ji rappelle que l’exercice ne prouve pas une causalité, mais il soutient que la proximité temporelle entre la simulation et l’émergence de la pandémie réelle, combinée à l’existence d’outils financiers et institutionnels déjà prêts, nourrit l’idée d’une « architecture » visible seulement après coup.

Ici, la frontière est importante : l’enquête ne dit pas « la simulation a causé la pandémie », elle dit que la simulation s’inscrit dans une préparation déjà structurée, et que cette préparation mériterait un débat démocratique plus transparent.

Brevets et technologies : un autre étage du raisonnement

Sayer Ji évoque également, comme contexte industriel, l’existence de brevets et de recherches sur des plateformes vaccinales et sur des coronavirus avant 2020.

Les technologies de vaccins à ARNm reposent en effet sur des travaux et des brevets antérieurs à la pandémie. Moderna revendique des priorités de brevets déposés entre 2010 et 2016 et a conclu dès 2015 un accord de recherche avec le NIAID pour le développement de vaccins à ARNm. En décembre 2019, avant l’alerte officielle de l’OMS sur les pneumonies à Wuhan, un accord de transfert de matériel a permis de tester chez l’animal des candidats vaccins à ARNm contre des coronavirus, dans le cadre de recherches sur le MERS-CoV, avant adaptation au SARS-CoV-2 début 2020. Parallèlement, les travaux de l’Université de Caroline du Nord, menés par Ralph Baric, s’appuient sur des brevets remontant à 2002 et à 2015 sur les coronavirus recombinants et leurs protéines de pointe, financés par les NIH, montrant que la plateforme scientifique et juridique était déjà en place bien avant l’émergence du Covid-19.

Sayer Ji précise que ces éléments relèvent d’un autre niveau de preuve que les emails, et qu’ils ne démontrent pas une intention de nuire. Ils illustrent plutôt, selon lui, une capacité technologique préexistante permettant de déployer rapidement des solutions et, de fait, de monétiser rapidement si les conditions se présentent.

Ce que ces documents changent, selon l’auteur : une question de confiance et de contrôle

La conclusion politique et éthique de l’enquête de Sayer Ji tient dans une idée : même sans intention criminelle, une architecture où se croisent fondations, banques, assureurs, laboratoires, simulations et communication peut produire un effet de système. Pour lui, le point sensible n’est pas « l’existence de la préparation », mais l’opacité de certains montages, la place d’intermédiaires controversés, l’alignement possible entre gestion de crise et intérêts financiers, mais aussi l’absence de garde-fous lisibles pour le public.

Il pose donc une question de gouvernance : quelles protections empêchent qu’un système conçu pour répondre aux crises soit aussi structuré pour en tirer profit, ou pour concentrer pouvoir et contrôle narratif en période de choc ?

L’article de Sayer Ji sur Substack n’apporte pas une preuve d’un complot sur l’origine du Covid-19. Il propose une lecture documentaire d’emails, d’accords et de notes internes liés à l’écosystème Epstein, en soutenant qu’ils révèlent une préparation de long terme où la pandémie devient un champ de stratégie et d’instruments financiers, et où Bill Gates apparaît comme un nœud central du réseau décrit.

La portée exacte de ces documents, leur contexte complet et l’interprétation qu’il faut en tirer restent des questions ouvertes. Mais l’enquête, telle qu’elle est présentée, vise surtout un débat : la préparation aux pandémies est un besoin public, toutefois la manière dont elle est organisée, financée et gouvernée mérite un niveau de transparence et de contrôle bien plus élevé d’autant plus que l’OMS, l’agence onusienne membre du Forum économique mondial travaille sur le traité des pandémies.

Source :

Substack

Laisser un commentaire