Le directeur de l’établissement privé catholique de l’Immaculée-Conception à Pau, Christian Espeso, a été suspendu de ses fonctions pendant trois ans par le rectorat de Bordeaux. Cette décision, annoncée le 11 septembre par ses avocats, fait suite à des accusations d’« atteintes à la laïcité ». L’établissement, reconnu pour son excellence académique avec un taux de réussite de 100 % au bac, regroupe 2 500 élèves de la maternelle aux classes préparatoires.
L’affaire a débuté au début de l’année 2024, lorsque cinq syndicats ont dénoncé des pratiques contraires aux obligations contractuelles de l’établissement, telles que des cours de catéchisme obligatoires et évalués, la censure de certains ouvrages, et des entraves à la liberté de conscience. Christian Espeso, en poste depuis onze ans, a réfuté ces accusations lors d’un entretien disciplinaire avec le rectorat, affirmant avoir défendu la réputation de son établissement, assurant que les élèves étaient libres de suivre ou de ne pas suivre les cours en question.
Cette suspension a suscité des réactions, notamment celle de Max Brisson, sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques, qui a qualifié la décision de « scandaleuse », y voyant une attaque contre l’enseignement catholique.
Sanction contre le directeur de l’Immaculée Conception à Pau ?
— Max Brisson (@max_brisson) September 11, 2024
Sanctionné pour avoir rappelé qu’un établissement catholique avait un caractère propre reconnu par la loi Debré ?
Sanctionné pour avoir la paix avec ceux qui veulent par dogmatisme relancer la guerre scolaire et… pic.twitter.com/RRm5xuyiXl
Les avocats de Christian Espeso ont annoncé leur intention de déposer un recours devant le tribunal administratif, dénonçant une « chasse à l’homme » et des motivations idéologiques.
De leur côté, les syndicats à l’origine de la procédure estiment que cette sanction est l’aboutissement d’une longue enquête et mettent en avant le nombre de faits signalés par les enseignants de l’établissement.