Quelques heures après avoir provoqué une vive polémique au Kenya en clamant vouloir « rétablir l’ordre » lors d’un échange culturel dans une salle dissipée, Emmanuel Macron s’est affiché en train de danser sur Jerusalema devant les caméras. Une séquence censée illustrer la proximité du président avec la jeunesse africaine, mais qui alimente surtout les critiques sur une communication présidentielle de plus en plus déconnectée.
Le contraste n’a échappé à personne. À Nairobi, Emmanuel Macron est passé en l’espace de quelques heures d’un ton autoritaire à une mise en scène beaucoup plus légère, au risque d’apparaître incohérent jusque dans sa propre communication.
Lors du sommet Africa Forward organisé au Kenya, le président français avait d’abord créé la controverse en interrompant brutalement une table ronde culturelle perturbée par le bruit dans la salle. Visiblement agacé, le contributeur de l’agenda 2030, Emmanuel Macron qui venait les poches pleines en Afrique avait lancé plusieurs « Hey ! Hey ! Hey ! » avant de dénoncer un « manque de respect total » et d’expliquer vouloir « rétablir l’ordre » pour permettre aux intervenants de s’exprimer.
Une séquence rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes ont dénoncé un ton jugé condescendant, voire paternaliste, dans un contexte particulièrement sensible pour l’image de la France en Afrique. Depuis plusieurs années, Paris tente justement de reconstruire une relation fragilisée avec plusieurs pays du continent, où la présence française est de plus en plus contestée.
Mais à peine la polémique lancée, une autre vidéo a commencé à circuler massivement. Relayées notamment par Brut Afrique, les images montrent Emmanuel Macron en train de danser sur Jerusalema, le tube sud-africain devenu mondial pendant la pandémie de Covid-19. Aux côtés de la chanteuse Nomcebo Zikode, le président français apparaît souriant, chantonnant le refrain devant un public amusé.
L’objectif semblait clair : montrer un chef d’État accessible, proche des cultures africaines et capable de casser les codes diplomatiques traditionnels. Pourtant, la séquence a surtout renforcé les critiques visant une présidence accusée de privilégier les coups de communication aux messages politiques de fond.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont ironisé sur un président alternant « sermon présidentiel » et « animation TikTok ». D’autres ont estimé que cette volonté permanente de produire des images virales finissait par affaiblir la stature présidentielle française à l’international.
Le déplacement kényan d’Emmanuel Macron a pourtant été soigneusement construit autour de cette stratégie de proximité. Atelier cuisine avec le chef kényan Dennis Ombachi, jogging médiatisé avec le marathonien Eliud Kipchoge, échanges culturels très scénarisés : l’Élysée cherche à projeter l’image d’une France moderne, connectée aux sociétés civiles africaines et éloignée des symboles de la « Françafrique ».
Mais cette communication très calibrée se retourne régulièrement contre le chef de l’État lorsque les séquences paraissent forcées ou déconnectées du contexte diplomatique réel. Dans un continent où l’influence française recule et où les critiques contre Paris se multiplient, certains observateurs estiment que ce type de mise en scène peut rapidement être perçu comme artificiel.
La danse sur Jerusalema, loin d’effacer la polémique née quelques heures plus tôt, est ainsi devenue un nouveau sujet de moqueries en ligne. Une illustration supplémentaire des difficultés d’Emmanuel Macron à maîtriser une communication présidentielle où chaque image, désormais, peut immédiatement se retourner contre lui.
Sources :
Brut Afrique – Vidéo relayée le 12 mai 2026 – https://www.instagram.com/brutafrique/
France Inter / Julien Nény – publication relayée le 12 mai 2026 – https://www.franceinter.fr/
Voici – 12 mai 2026 – https://www.voici.fr/
