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Image : Capture d'écran Frontières.

Réunion avec Annie Genevard : les éleveurs appellent la population à les rejoindre

À la sortie d’une réunion tenue ce jour avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, plusieurs représentants du monde agricole ont exprimé une colère intense et une profonde lassitude. Estimant n’avoir obtenu aucune réponse concrète à leurs revendications, ils dénoncent un sentiment d’abandon face à la crise sanitaire et économique qui frappe les élevages et appellent désormais la population à se joindre à leur mobilisation.

La rencontre entre la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et des représentants du monde agricole n’aura pas permis d’apaiser les tensions. Bien au contraire. À l’issue de la réunion, plusieurs éleveurs ont fait part d’une exaspération extrême, décrivant un échange stérile et l’impression d’avoir « parlé à un mur ». Après plusieurs heures de déplacement et de discussions, ils disent repartir sans avancée tangible, dans un contexte qu’ils jugent désormais intenable.

Au cœur de la colère exprimée figure la gestion de la crise sanitaire touchant les élevages, notamment les retards accumulés dans la mise en place de la vaccination. Certains agriculteurs dénoncent un décalage de plusieurs mois entre la progression de la maladie sur le terrain et les décisions administratives, un retard qu’ils estiment lourd de conséquences pour la survie de leurs exploitations. La perspective de nouveaux abattages est vécue comme un traumatisme supplémentaire, aggravant un sentiment de découragement déjà profond.

Plusieurs éleveurs ont insisté sur la détresse morale et économique de la profession, affirmant que le temps des discussions était révolu. Ils réclament des décisions immédiates, au premier rang desquelles figure la suspension des abattages, présentée comme la seule issue permettant d’éviter une rupture totale entre l’État et le monde agricole. Faute de réponses, certains annoncent leur intention de durcir le mouvement, estimant n’avoir plus rien à perdre.

La lassitude se double d’un sentiment d’injustice. Des agriculteurs ont souligné la contradiction entre les injonctions sanitaires et la réalité de leur quotidien, évoquant la difficulté de protéger les troupeaux tout en faisant face à des pertes financières majeures. L’un d’eux a résumé l’état d’esprit ambiant en rappelant qu’au-delà des réunions ministérielles, les exploitations continuent de fonctionner, avec des urgences concrètes et immédiates sur le terrain.

Dans ce climat de tension extrême, un appel a été lancé à l’opinion publique. Les agriculteurs exhortent la population, les jeunes et les acteurs locaux à se joindre à leur mobilisation, qu’ils présentent non comme une contestation politique classique, mais comme une lutte pour continuer à travailler et à vivre de leur métier. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « carnage » économique et social, et estiment que l’avenir de l’agriculture française est désormais en jeu.

Cette séquence relayée par le média Frontières illustre une nouvelle fois la profondeur du malaise agricole. Malgré les promesses répétées de dialogue, la fracture entre le monde paysan et les pouvoirs publics semble s’élargir, nourrie par l’urgence sanitaire, l’épuisement des exploitants et l’absence, à leurs yeux, de réponses à la hauteur de la crise.

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