Dans un tweet publié le 12 mai 2026, le compte French Repor met en lumière une nouvelle intervention médiatique de Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationaleet actuelle conseillère maître à la Cour des comptes passée par le young global leader du Forum économique mondial. La vidéo, extraite d’une émission sur Radio Nova diffusée le 9 avril dernier montre l’ancienne responsable socialiste appelant à une régulation sévère des réseaux sociaux, au point de saluer implicitement des mesures de blocage comme celles prises au Brésil contre X (anciennement Twitter).
Face au micro, Najat Vallaud-Belkacem qui avait lancé le programme “Non à la Haine” lorsqu’elle était ministre de l’Education nationale développe une critique classique des algorithmes des plateformes : ceux-ci privilégieraient les contenus « toxiques » et « haineux » au détriment des contenus nuancés ou scientifiques.
Selon elle, la liberté d’expression sur les réseaux n’est qu’un mythe, car la visibilité réelle dépend des choix éditoriaux des algorithmes. Elle plaide donc pour transformer juridiquement les plateformes en « éditeurs » responsables, afin de les attaquer plus facilement en justice et les obliger à revoir leur modèle économique.
Elle cite en exemple l’action d’un juge brésilien en 2024 qui, face au refus de X de retirer certains contenus, a obtenu le blocage du réseau via les fournisseurs d’accès internet, avec des sanctions financières lourdes. Pour elle, ce type de bras de fer est non seulement possible mais souhaitable pour « reprendre le combat » culturel contre les géants du numérique.
Une magistrate tenue à la réserve
Le tweet pointe surtout l’incompatibilité de ces prises de position répétées avec les obligations déontologiques de la Cour des comptes. En tant que membre d’une institution indépendante chargée du contrôle des finances publiques, Najat Vallaud-Belkacem est soumise à une obligation stricte de réserve et de neutralité (article L.120-4 du Code des juridictions financières, loi de 2016 sur la déontologie des fonctionnaires, et Charte de déontologie).
Cette intervention n’est pas isolée. En novembre 2025 déjà, ses déclarations sur l’immigration (notamment en faveur d’une régularisation massive) avaient conduit à une saisine du collège de déontologie par le premier président et contributeur de l’agenda 2030, Pierre Moscovici. À ce jour, aucune décision publique n’aurait été rendue sur ce précédent.
Contexte politique et familial
Belkacem intervient régulièrement dans des débats publics, parfois dans des cadres liés à la gauche militante (comme l’Académie Léon Blum). Ses détracteurs y voient une forme de « double casquette » : rémunérée par l’argent public pour contrôler les comptes de l’État, elle continue de militer activement sur des sujets hautement politiques.
Réactions et polémique
Le tweet a rapidement suscité de nombreuses réactions (plus de 1 200 likes et 18 000 vues en quelques heures), majoritairement critiques. Beaucoup dénoncent une « promotion canapé », une violation du devoir de réserve, ou encore une conception très restrictive de la liberté d’expression (« la liberté, c’est quand on dit ce qui est autorisé par nous »). D’autres rappellent son bilan controversé au ministère de l’Éducation et questionnent son utilité réelle à la Cour des comptes.
Cette affaire relance le débat plus large sur l’indépendance des institutions et la politisation de certaines nominations. Dans un contexte où la confiance dans les contre-pouvoirs est fragile, la question se pose : une magistrate de la Cour des comptes peut-elle militer publiquement pour la censure d’un réseau social sans remettre en cause sa neutralité ?
L’obligation de réserve n’est pas une simple formalité. Elle protège l’impartialité des institutions républicaines. Quand une haute magistrate appelle ouvertement à « mener un bras de fer » contre des plateformes et salue des blocages autoritaires, elle ne s’exprime plus seulement en citoyenne : elle engage le prestige et l’indépendance de la fonction qu’elle occupe. Reste à savoir si le collège de déontologie de la Cour des comptes réagira cette fois-ci.