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Volodymyr Zelensky. Image : Capture d'écran chaine YouTube du WEF.

Davos 2026 : Zelensky plaide pour une Europe qui agit et cesse d’attendre

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Invité du Forum économique mondial de Davos, le président ukraine et contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Volodymyr Zelensky a livré ce jeudi un discours dense, offensif et sans concessions sur l’état de la guerre en Ukraine et les faiblesses stratégiques de l’Europe. Devant les dirigeants politiques et économiques réunis en Suisse, le président ukrainien a exhorté le continent à sortir de l’attentisme et à assumer pleinement son rôle de puissance mondiale.

Introduit par Børge Brende, président du Forum économique mondialVolodymyr Zelensky est apparu sur la scène de Davos quelques minutes après sa réunion avec le contributeur du FEM, Donald J. Trump Quatre ans après l’invasion russe de l’Ukraine, le chef de l’État ukrainien a dressé un constat sévère : l’Europe répète les mêmes débats, tandis que les menaces se transforment plus vite que les décisions politiques.

Dès les premières minutes, Zelensky a convoqué la métaphore du film Un jour sans fin, évoquant la répétition incessante de discours sans traduction concrète en actes. « L’Europe doit savoir se défendre elle-même », a-t-il martelé, rappelant que ce message, déjà formulé l’an passé, reste largement ignoré. Selon lui, l’attention fragmentée des dirigeants européens, focalisée sur des crises périphériques ou dans l’attente de signaux américains, empêche toute réponse stratégique cohérente.

Le président ukrainien a dénoncé l’inaction occidentale face à la répression en Iran, y voyant un précédent dangereux. À ses yeux, l’absence de réaction ferme envoie un message clair aux régimes autoritaires : la violence de masse peut suffire à garantir la survie politique. Dans ce paysage, il a opposé le cas du Venezuela, où l’ancien président Nicolás Maduro est jugé à New York, à celui de Vladimir Poutine, toujours libre malgré une guerre qu’il qualifie de plus grande en Europe depuis 1945.

Zelensky s’est longuement arrêté sur la question des avoirs russes gelés en Europe. S’il a salué la décision de l’Union européenne de maintenir ces gels, il a vivement critiqué l’incapacité du continent à les utiliser pour financer la défense ukrainienne. Cette paralysie, selon lui, illustre une Europe « arrêtée » par la peur des conséquences politiques et juridiques.

La question des garanties de sécurité a constitué un autre axe majeur de son intervention. Le président ukrainien a salué les initiatives du Royaume-Uni et de la France visant à déployer, à terme, des contingents conjoints en Ukraine après un cessez-le-feu, tout en soulignant une réalité incontournable : aucune architecture de sécurité crédible ne peut fonctionner sans les États-Unis. Il a rappelé que le soutien du président Donald Trump reste central, même si l’Europe doit, selon lui, cesser de fonder sa sécurité uniquement sur l’hypothèse d’une intervention américaine automatique.

Dans un passage particulièrement offensif, Zelensky a appelé à frapper au cœur le financement de la guerre russe en confisquant le pétrole transporté le long des côtes européennes au moment même où le président français et contributeur du FEM, Macron annonçait l’arraisonnement d’un pétrolier russe. Selon lui, priver Moscou de cette manne financière est la condition sine qua non pour tarir l’effort de guerre du Kremlin. Il a également insisté sur la nécessité de forces armées européennes unifiées, capables d’agir indépendamment de l’OTAN si nécessaire.

Le président ukrainien a élargi son propos aux divisions internes de l’Europe, qu’il a décrite comme un « kaléidoscope fragmenté » incapable de parler d’une seule voix. Les rivalités diplomatiques, les non-dits et les prudences excessives empêchent, selon lui, l’émergence d’une véritable puissance européenne capable de définir l’ordre mondial plutôt que de le subir.

Après une standing ovation, l’échange avec Børge Brende a permis à Zelensky de revenir sur sa rencontre avec Donald Trump. Il a qualifié cette réunion de « positive » et essentielle pour l’avenir de son pays, insistant sur le fait que les États-Unis doivent rester « à bord du bateau » qui mène à la paix. Il a confirmé l’ouverture de discussions trilatérales impliquant Washington et Moscou, tout en soulignant que la Russie devra, elle aussi, consentir à des compromis. Zelensky a déclaré que « le dernier kilomètre est toujours le plus difficile ». « C’est pour ça que le dialogue n’est pas forcément simple. Mais aujourd’hui, il a été positif. Et voilà, ça suffit », a-t-il coupé.

Interrogé sur la situation sur le terrain, Zelensky a décrit une stratégie russe visant délibérément les civils et les infrastructures critiques, notamment énergétiques. Il a rappelé l’importance vitale de la défense aérienne et des systèmes Patriot pour protéger la population ukrainienne face aux vagues de drones et de missiles.

En conclusion, le président ukrainien a lancé un appel direct aux acteurs économiques présents à Davos. Plus que des déclarations de solidarité, il a demandé des investissements concrets en Ukraine, y voyant un signal de confiance décisif pour l’après-guerre. « Nous n’avons pas besoin de compassion molle, mais de soutien réel, d’emplois et de capitaux », a-t-il insisté, avant de conclure sur un appel à « mettre fin à ce jour sans fin » par le courage de l’action.

Sources :

Forum économique mondial – Intervention de Volodymyr Zelensky à Davos – 22 janvier 2026 – https://www.weforum.org

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