Le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump a officiellement lancé jeudi à Davos son très controversé « Conseil de paix », une nouvelle instance internationale placée sous son autorité directe et présentée comme un outil inédit de résolution des conflits mondiaux. La charte fondatrice a été signée en marge du Forum économique mondial, en présence d’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement alliés.
Arrivé mercredi dans la station suisse après avoir désamorcé la crise diplomatique qu’il avait lui-même déclenchée autour du Groenland, Donald Trump s’est une nouvelle fois présenté comme un « faiseur de paix ». Le président américain a assuré que ce Conseil travaillerait « en coordination » avec l’Organisation des Nations unies, du contributeur du FEM, António Guterres, tout en restant indépendant de ses mécanismes traditionnels.
« Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle », a déclaré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, à l’issue de la signature.
Un cercle restreint de dirigeants alliés
Parmi les dirigeants ayant accepté de rejoindre cette nouvelle instance figurent plusieurs alliés idéologiques du président américain et contributeur du FEM, dont Javier Milei et Viktor Orban. Au total, 19 pays ont signé la charte lors de la cérémonie, parmi lesquels l’Argentine, le Maroc, Bahreïn, la Turquie, la Hongrie, la Bulgarie, l’Azerbaïdjan et l’Indonésie.
« Dans la plupart des cas ce sont des dirigeants très populaires, dans d’autres cas moins populaires. C’est comme ça dans la vie », a ironisé Donald Trump.
Le ticket d’entrée pour un siège permanent au sein du Conseil est fixé à un milliard de dollars, un montant qui interroge déjà de nombreux observateurs sur la nature et la finalité réelle de cette nouvelle structure.
Gaza, Iran et premières annonces
Dans un discours bref mais offensif, Donald Trump a sommé le Hamas de déposer les armes, sous peine, selon lui, de signer « sa fin ». « Ils sont nés le fusil à la main », a-t-il martelé.
Première annonce concrète du Conseil, à laquelle Israël a accepté de participer : la réouverture du point de passage de Rafah entre l’Égypte et la bande de Gaza « dans les deux sens » dès la semaine prochaine. Cette décision a été annoncée par Ali Shaath, nouvel administrateur du territoire palestinien désigné par cette alliance.
Donald Trump a également affirmé que l’Iran souhaitait engager des discussions avec Washington, assurant que les États-Unis étaient disposés à dialoguer.
Des refus notables en Europe
Malgré l’affichage diplomatique, plusieurs grandes puissances occidentales ont décliné l’invitation. La France a clairement refusé de rejoindre l’initiative, tout comme le Royaume Uni, pourtant allié historique de Washington et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
À l’inverse, de nombreux pays du Moyen Orient, dont l’Arabie saoudite et le Qatar, ont manifesté leur intérêt pour cette nouvelle structure.
Donald Trump a par ailleurs affirmé que Vladimir Poutine avait accepté l’invitation, une affirmation que Moscou s’est contentée de qualifier d’« à l’étude ».
L’Ukraine au cœur des inquiétudes
L’invitation adressée à Vladimir Poutine suscite une vive inquiétude parmi les alliés occidentaux, en particulier en Ukraine, engagée dans une guerre de haute intensité avec la Russie depuis février 2022.
Donald Trump a rencontré son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, lui aussi proche du FEM ce jeudi après-midi. À la sortie de la réunion, Trump faisait grise mine. Il a déclaré qu’il avait eu une très bonne réunion avec Zelensky, mais qu’il y avait également eu une réunion avec Poutine, rappelant qu’« une réunion avec la Russie se tiendra demain ». « Tout le monde veut que la guerre se termine », a-t-il ajouté.
De son côté Zelensky a déclaré lors de son allocution à Davos qui suivait se rendez-vous, que « le dernier kilomètre est toujours le plus difficile ». « C’est pour ça que le dialogue n’est pas forcément simple. Mais aujourd’hui, il a été positif. Et voilà, ça suffit », a-t-il coupé.
Un peu plus tôt, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a affirmé qu’« un seul point restait à régler » dans les négociations en cours. Il devait se rendre à Moscou dans la journée accompagné de Jared Kushner, gendre du président américain. Un entretien serait prévu demain.
Le Groenland, fil rouge de Davos
En toile de fond de ces annonces, la question du Groenland continue de cristalliser les tensions. Donald Trump a confirmé avoir élaboré avec le secrétaire général de l’OTAN et contributeur du FEM, Mark Rutte, « le cadre d’un futur accord » sur ce territoire stratégique de l’Arctique.
Mark Rutte a toutefois tempéré, soulignant qu’« il reste encore beaucoup de travail ». Il a précisé que les discussions visaient à garantir collectivement la sécurité de l’Arctique face à la Russie et à la Chine, en associant les États-Unis, le Canada, le Danemark, l’Islande, la Suède, la Finlande et la Norvège.
Le ministre danois de la Défense Troels Lund Poulsen a rappelé l’existence d’une « ligne rouge claire » sur la souveraineté du Royaume du Danemark, excluant toute cession territoriale.
Selon des sources proches du dossier, Washington et Copenhague pourraient renégocier l’accord de défense de 1951 sur le Groenland, avec un renforcement de la sécurité de l’Arctique et une contribution accrue des pays européens de l’OTAN. Sur Truth Social, Trump a annoncé avoir négocié un accès sans limite de temps au Groenland.
Une diplomatie parallèle assumée
Avec ce « Conseil de paix », Donald Trump franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diplomatie parallèle, mêlant pressions économiques, annonces spectaculaires et reconfiguration des alliances traditionnelles. Si l’initiative se veut ambitieuse, elle soulève de lourdes interrogations sur la place du multilatéralisme classique et sur l’absence de décision démocratique alors que de nombreux dirigeants mondiaux plaident pour un nouvel ordre mondial