La mobilisation agricole a franchi un nouveau seuil ce mardi 13 janvier avec l’entrée de 353 tracteurs dans la capitale. À l’appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, les manifestants réclament des réponses concrètes sur les revenus, le Mercosur et la gestion sanitaire. Le gouvernement promet un nouveau train d’annonces dans l’après-midi.
La colère agricole s’est matérialisée dès l’aube dans les rues de Paris. À partir de 6 heures du matin, des convois de tracteurs escortés par les forces de l’ordre ont pénétré dans la capitale par la porte Dauphine, avant de rejoindre le quai d’Orsay et les abords de l’Assemblée nationale. Selon la préfecture de police, 353 tracteurs et près de 400 manifestants étaient présents en milieu de matinée, sans incident majeur signalé.
À l’origine de cette action, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, mobilisés pour obtenir « des actes concrets et immédiats » face à une crise agricole qui s’enlise. Les revendications portent notamment sur le traité de libre-échange avec le Mercosur, jugé déloyal par la profession, la baisse des revenus agricoles et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse qui frappe les élevages bovins. « La révolte paysanne redémarre aujourd’hui et nous resterons ici jusqu’à ce que nous ayons des réponses », a lancé Damien Greffin, vice-président de la FNSEA pour le grand bassin parisien.
La tension est montée d’un cran en début d’après-midi lorsque des agriculteurs ont déversé plusieurs kilos de pommes de terre devant l’Assemblée nationale, place de la Concorde. Un geste symbolique destiné à interpeller le pouvoir exécutif alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit recevoir une délégation agricole à Matignon. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a assuré devant les manifestants qu’« un deuxième train d’annonces » serait présenté dans l’après-midi, promettant que le dialogue restait ouvert.
Sur le fond, le gouvernement tente de répondre à l’une des principales crispations en annonçant la création d’une brigade de contrôle dédiée aux importations agricoles. Cette unité interviendrait aussi bien dans les ports du nord de l’Europe que sur l’ensemble du territoire national afin de vérifier le respect des normes sanitaires et environnementales, en particulier dans le cadre des échanges avec les pays du Mercosur. Une mesure qualifiée « d’avancée majeure » par la ministre, mais accueillie avec prudence par les syndicats.
La journée parisienne s’inscrit dans un contexte de mobilisation nationale plus large. Dans le sud-ouest, les agriculteurs occupant depuis plus d’un mois un barrage sur l’autoroute A64, près de Carbonne, ont accepté de lever leur action après négociation avec la préfecture de Haute-Garonne. Une décision qui n’a pas fait retomber la pression, tant la profession estime que les réponses apportées restent insuffisantes.
Plusieurs responsables politiques se sont rendus au contact des manifestants devant le Palais Bourbon, parmi lesquels la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, ou encore l’ancien Premier ministre Michel Barnier.
Tous ont insisté sur la nécessité du dialogue, alors que le monde agricole réclame avant tout un cap clair pour garantir la souveraineté alimentaire et la viabilité économique des exploitations.
Sources :
TF1 Info – Live manifestations agricoles du 13 janvier 2026 – lien
AFP – Dépêches sur la mobilisation agricole à Paris, 13 janvier 2026 – https://www.afp.com
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