You are currently viewing Cisjordanie : Israël approuve un plan d’enregistrement foncier dénoncé comme une « annexion de facto »
Photo : DR

Cisjordanie : Israël approuve un plan d’enregistrement foncier dénoncé comme une « annexion de facto »

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MONDE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Le cabinet israélien a validé un nouveau plan d’enregistrement foncier en Cisjordanie occupée, une première depuis 1967. Présentée par le gouvernement comme une mesure administrative et sécuritaire, la décision est dénoncée par l’Autorité palestinienne comme une « annexion de facto ». Ce projet s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour des colonies et du statut des territoires palestiniens.

Le gouvernement israëlien a approuvé ce dimanche 15 février un processus d’enregistrement foncier en Cisjordanie occupée, une initiative inédite depuis la guerre de 1967. Cette décision, adoptée par le cabinet, vise selon les autorités israéliennes à renforcer le contrôle administratif et juridique sur ce territoire disputé, où vivent plus de 2,5 millions de Palestiniens et plusieurs centaines de milliers de colons israéliens.

Le Premier ministre et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Benjamin Netanyahu, dont la coalition comprend des partis favorables à l’expansion des implantations, affirme de longue date qu’un État palestinien constituerait une menace pour la sécurité d’Israël. Le territoire de Cisjordanie, conquis lors de la guerre des Six Jours en 1967, est au cœur des revendications palestiniennes pour la création d’un futur État indépendant.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, figure de l’aile nationaliste religieuse du gouvernement, a salué la décision en déclarant : « Nous poursuivons la révolution des colonies et renforçons notre emprise sur toutes les parties de notre territoire. » Pour lui et ses alliés, l’enregistrement foncier constitue un outil central pour consolider la présence israélienne.

Le ministre de la Défense Israel Katz a, de son côté, présenté la mesure comme une nécessité sécuritaire. Selon lui, elle permettra de garantir le contrôle, l’application de la loi et « la pleine liberté d’action » d’Israël dans la région afin de protéger ses citoyens et préserver ses intérêts nationaux.

Dans un communiqué, le cabinet israélien a qualifié cette initiative de « réponse appropriée aux processus d’enregistrement foncier illégaux promus par l’Autorité palestinienne ». Une accusation immédiatement rejetée par la présidence de l’Autorité palestinienne, qui a dénoncé « une annexion de facto du territoire palestinien occupé » et une étape supplémentaire vers la consolidation de l’occupation par le biais de « colonies illégales ».

La Cisjordanie est aujourd’hui morcelée entre zones sous contrôle militaire israélien et secteurs administrés par l’Autorité palestinienne, soutenue par les pays occidentaux. Les colonies israéliennes, considérées comme illégales au regard du droit international par une large partie de la communauté internationale, se sont développées de manière continue au cours des dernières décennies.

En 2024, la plus haute juridiction des Nations unies a estimé, dans un avis consultatif non contraignant, que l’occupation israélienne des territoires palestiniens et les colonies qui s’y trouvent étaient illégales et devaient prendre fin « dès que possible ». Israël conteste cette lecture juridique et affirme disposer de droits historiques et sécuritaires sur ces territoires.

Sur le plan diplomatique, le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump  a exclu une annexion formelle de la Cisjordanie, mais son administration n’a pas cherché à freiner l’accélération des constructions dans les colonies, un point régulièrement dénoncé par les Palestiniens comme compromettant la viabilité d’un futur État.

L’enregistrement foncier approuvé dimanche s’inscrit dans une série de mesures adoptées ces dernières semaines pour renforcer le contrôle israélien sur la région. Au-delà de la dimension administrative, cette décision ravive le débat sur la solution à deux États, déjà fragilisée par des années de blocage politique et de tensions sur le terrain.

Sources :

Boursorama, Reuters

Laisser un commentaire