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Cilia Flores. Photo : @Ricardo Stuckert/PR

Cilia Flores : portrait de la « première combattante » du Venezuela capturée avec Nicolás Maduro

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Épouse de Nicolás Maduro mais surtout figure centrale du pouvoir chaviste depuis plus de vingt ans, Cilia Flores a été capturée le 3 janvier 2026 lors de l’opération militaire américaine au Venezuela. Avocate de formation, ancienne présidente de l’Assemblée nationale et dirigeante du PSUV, elle comparaît désormais devant la justice américaine pour des accusations de narcoterrorisme. Se disant catholique, elle voue également une admiration revendiquée pour le gourou indien Sathya Sai Baba.

Elle n’a jamais été une simple première dame. Cilia Flores, surnommée par son époux « la première combattante », a été arrêtée dans la nuit du 3 janvier 2026 aux côtés de Nicolás Maduro, lors de l’opération militaire américaine menée à Caracas. Tous deux ont été exfiltrés vers les États-Unis et doivent comparaître devant un tribunal fédéral de Manhattan, où ils sont poursuivis pour des chefs d’accusation lourds, allant du narcoterrorisme au trafic international de cocaïne.

Âgée de 69 ans, Cilia Flores est accusée par la justice américaine de participation à un complot narcoterroriste, de possession et d’usage d’armes automatiques et d’engins explosifs, ainsi que de complot visant les États-Unis. Les procureurs estiment qu’elle aurait joué un rôle actif dans un trafic de drogue à grande échelle et qu’elle aurait bénéficié, tout comme son mari, du pouvoir et des richesses générés par ces activités illicites.

Née le 15 octobre 1956 à Tinaquillo, dans le nord du Venezuela, Cilia Flores est issue d’un milieu modeste et a grandi à Caracas. Avocate spécialisée en droit pénal et en droit du travail, elle se fait connaître au début des années 1990 en prenant gratuitement la défense des militaires putschistes emprisonnés après la tentative de coup d’État ratée de février 1992, parmi lesquels Hugo Chávez. Elle participe ensuite activement à la structuration du mouvement bolivarien et à la campagne qui porte Chávez au pouvoir en 1998, après avoir contribué à sa libération en 1994.

Sa carrière politique est longue et dense. Députée pendant plus de vingt ans, elle devient en 2006 la première femme à présider l’Assemblée nationale du Venezuela, un poste qu’elle occupe jusqu’en 2011. Son passage à la tête du Parlement est marqué par de vives polémiques, notamment des accusations de népotisme, après la révélation du recrutement de 37 membres de sa famille au sein de l’institution. Elle occupe ensuite des postes clés au sein du Parti socialiste unifié du Venezuela, dont la vice-présidence, avant d’être nommée procureure générale de la République entre 2012 et 2013.

En juillet 2013, elle épouse Nicolás Maduro, avec lequel elle partage sa vie depuis près de vingt ans, quelques mois après l’accession de ce dernier à la présidence à la suite de la mort de Hugo Chávez. Première dame depuis mars 2013, elle demeure en parallèle une actrice politique de premier plan. En 2017, elle est élue membre de l’Assemblée nationale constituante mise en place par son mari pour contourner le Parlement contrôlé par l’opposition, une élection boycottée par une large partie de la classe politique vénézuélienne.

Souvent décrite comme une Première ministre de l’ombre, Cilia Flores est réputée pour sa maîtrise des arcanes du pouvoir. Selon des témoignages recueillis par Reuters, elle exigeait des briefings stratégiques, intervenait dans les nominations et négociait directement avec des émissaires étrangers, concentrant entre ses mains une part considérable de l’autorité présidentielle. Cette centralité explique pourquoi son arrestation est perçue comme une volonté de juger non seulement Nicolás Maduro, mais l’ensemble du clan au pouvoir.

Déjà en 2018, elle avait été visée par des sanctions économiques américaines, dans un contexte de durcissement de la politique de Washington à l’égard de Caracas. Son nom avait également été associé à l’affaire de ses deux neveux, condamnés aux États-Unis pour trafic de drogue avant d’être libérés en 2022 lors d’un échange de prisonniers entre les deux pays.

De confession catholique, Cilia Flores partage avec son époux une admiration revendiquée pour le gourou indien Sathya Sai Baba, défunt maître spirituel indien célèbre et controversé, qui avait déclaré en 1963 être une réincarnation de Shiva avant de se présenter en 1968, comme un Purnavatara, c’est-à-dire une incarnation du « dieu universel ».

Sources :

Le Point, Wikipedia

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