You are currently viewing Chômage : le taux en France atteint 8,1 % au premier trimestre 2026, un plus haut depuis cinq ans
Image d'illustration générée par IA.

Chômage : le taux en France atteint 8,1 % au premier trimestre 2026, un plus haut depuis cinq ans

Le taux de chômage en France s’établit à 8,1 % au premier trimestre 2026, selon les dernières données publiées par l’Insee. Ce niveau marque un point haut inédit depuis cinq ans, dans un contexte économique encore fragile et marqué par des tensions sur le marché de l’emploi. Plusieurs médias soulignent une tendance à la hausse après une période de stabilisation.

Au premier trimestre 2026, le taux de chômage en France atteint 8,1 % de la population active, selon les données publiées par l’Insee le 13 mai 2026. Ce niveau constitue une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent, où il s’établissait à 7,9 % fin 2025. En volume, cela représente environ 2,6 millions de personnes au chômage, soit 68 000 demandeurs d’emploi supplémentaires en trois mois.

Mesuré selon les critères du Bureau international du travail (BIT), ce taux correspond aux personnes sans emploi durant la semaine de référence, disponibles pour travailler sous quinze jours et en recherche active d’emploi ou ayant déjà un emploi à venir. Cette méthodologie diffère de celle de la Dares, qui repose sur les inscrits à France Travail et leur disponibilité immédiate ou non pour travailler.

Un retournement de tendance sur le marché du travail

Taux de chômage au sens du BIT. Photo : INSEE.

L’analyse des données de l’Insee met en évidence une rupture progressive de la dynamique observée depuis 2004. Après plusieurs années de baisse quasi continue du chômage, hors choc lié à la crise du Covid-19, le taux est reparti à la hausse depuis environ deux ans. Le point bas proche de 7 % semble désormais derrière, traduisant un changement de cycle sur le marché du travail.

Taux de chômage en âge en 2025. Photo : INSEE.

Sur un an, la hausse du chômage est généralisée à l’ensemble des tranches d’âge. Elle atteint +2 points chez les 15-24 ans, +0,6 point chez les 25-49 ans et +0,4 point chez les 50 ans ou plus. Sur les trois derniers mois, les évolutions sont plus contrastées : le chômage des jeunes recule légèrement de 0,4 point à 21,1 %, tandis qu’il progresse chez les 25-49 ans de 0,4 point, atteignant 7,3 %, son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021.

Taux de chômage par niveaux de diplôme en 2025. Photo : INSEE.

Le niveau de diplôme reste un facteur déterminant dans l’exposition au chômage. En 2025, les personnes sans diplôme ou disposant uniquement du brevet figurent parmi les plus touchées, avec un risque de chômage nettement supérieur à la moyenne nationale. À l’opposé, les diplômés de l’enseignement supérieur bénéficient d’un taux de chômage significativement plus faible, confirmant le rôle protecteur des études longues sur l’accès et la stabilité dans l’emploi. Les titulaires d’un diplôme intermédiaire occupent une position médiane, avec une sensibilité plus forte aux fluctuations économiques.

Taux de chômage selon le sexe jusqu’en 2025. Photo : INSEE.

En 2025, les écarts de chômage entre hommes et femmes demeurent relativement limités mais persistants. Les hommes sont légèrement plus exposés aux variations conjoncturelles, notamment en raison de leur surreprésentation dans les secteurs industriels et de la construction, plus sensibles aux cycles économiques. Les femmes, quant à elles, affichent un taux de chômage globalement proche, mais restent davantage confrontées à des formes de sous-emploi ou de temps partiel subi, ce qui nuance l’écart statistique observé.

Une dégradation progressive et un climat de défiance

La lecture du graphique de l’Insee confirme une hausse graduelle mais continue du chômage, sans choc brutal mais avec une tendance installée à la dégradation. Après une phase de baisse structurelle sur la décennie précédente, le marché du travail montre désormais des signes d’essoufflement, liés à un ralentissement de l’activité économique et à une moindre dynamique de recrutement des entreprises.

Ce climat se reflète également dans les anticipations des ménages. En avril 2026, l’indicateur mesurant les craintes liées à une hausse du chômage atteint son plus haut niveau depuis 2016, hors période de crise sanitaire. Depuis le début de l’année, il reste durablement au-dessus de sa moyenne de long terme.

Les projections confirment cette tendance. La Banque de France anticipe un chômage à 8 % en 2026, tandis que l’Insee prévoit une poursuite de la hausse à 8,1 % d’ici la mi-2026.

Une position défavorable en Europe

En comparaison européenne, la France se situe dans une position intermédiaire mais défavorable. Le taux de chômage de la zone euro s’établit à 6,2 %, soit près de deux points de moins qu’en France. L’écart est particulièrement marqué avec l’Allemagne, où le taux est de 3,9 % en mars 2026, et où le chômage des jeunes atteint 7,5 %, soit environ trois fois moins que celui observé en France.

Sources :
Insee
– Statistiques chômage BIT – https://www.insee.fr/fr/statistiques/4805248
Franceinfo – 13 mai 2026 – https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/chomage/le-taux-de-chomage-en-france-atteint-8-1-au-premier-trimestre-2026-son-plus-haut-niveau-en-cinq-ans-selon-l-insee_7812110.html
Les Échos – 13 mai 2026 – https://www.lesechos.fr/economie-france/social/le-taux-de-chomage-repasse-la-barre-des-8-un-plus-haut-depuis-5-ans-2231331
Le Figaro – 13 mai 2026 – https://www.lefigaro.fr/social/visualisez-l-evolution-du-taux-de-chomage-en-france-20260513

Laisser un commentaire