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Italie : la taxe sur les riches ravive le débat politique autour du budget Meloni

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Alors que le gouvernement Meloni défend son nouveau budget, la proposition d’une taxe patrimoniale lancée par le premier syndicat italien, la CGIL, relance la question de la redistribution. Accusée d’avantager les foyers les plus aisés, l’exécutif s’oppose fermement à toute taxation des grandes fortunes tandis que la gauche et les économistes agitent la question des inégalités.

À Rome comme à Paris, la question de la fiscalité patrimoniale est devenue un marqueur idéologique. De l’autre côté des Alpes, la discussion sur le budget italien 2026 s’est brutalement enflammée après la proposition de Maurizio Landini, secrétaire général de la CGIL, le plus puissant syndicat du pays. L’homme, ancien ouvrier devenu figure de la gauche syndicale, propose d’instaurer une contribution de solidarité de 1,3 % sur les patrimoines supérieurs à 2 millions d’euros.

Selon des estimations citées par le Corriere della Sera, environ 500 000 Italiens seraient concernés, générant jusqu’à 26 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Un montant supérieur à la fameuse “taxe Zucman”, discutée en France mais rejetée par l’Assemblée, et qui ne toucherait que quelque 1 800 ultra-riches pour un rendement estimé à 20 milliards d’euros par an.

Cette proposition, bien qu’aucun parti politique ne l’ait portée officiellement au Parlement, a suffi à déclencher une tempête médiatique et politique. La Première ministre Giorgia Meloni s’est empressée de réaffirmer son opposition : « Avec nous au gouvernement, il n’y aura jamais de taxe sur le patrimoine », assurant que la gauche remet cette idée « de manière cyclique ».

Un budget accusé de favoriser les plus aisés

La polémique intervient alors que Meloni est déjà sous le feu des critiques concernant son projet de budget. Elly Schlein, cheffe du Parti démocrate, accuse l’exécutif de servir en priorité les foyers les plus riches « au détriment d’une classe moyenne qui s’appauvrit ».

Ces accusations s’appuient sur les analyses de l’Istat, l’institut national de statistique. Son président, Francesco Maria Chelli, a indiqué que 85 % des bénéfices issus des mesures fiscales prévues profiteraient aux deux tranches les plus aisées du pays, si l’on divise les familles en cinq groupes selon le revenu.

Pour la gauche, le constat est limpide : les réformes fiscales de Meloni consolident les mieux lotis. Pourtant, le site de fact-checking Pagella Politica nuance cette lecture. Certaines dispositions du budget peuvent en effet être interprétées comme des ajustements compensant les politiques précédentes, jugées davantage tournées vers les bas revenus.

Où commence la richesse ?

Le cœur du débat porte finalement sur la notion même de “richesse”. En Italie, l’impôt sur le revenu repose sur trois tranches : 23 % jusqu’à 28 000 €, 35 % entre 28 000 et 50 000 €, 43 % au-delà de 50 000 €.

La réforme proposée par Meloni vise à abaisser la deuxième tranche de 35 % à 33 %, une mesure qui bénéficierait aux salariés situés entre 28 000 et 50 000 euros. Pour le gouvernement, il s’agit clairement de soutenir la classe moyenne. Pour l’opposition, ces contribuables font déjà partie des ménages “favorisés”, laissant de côté les plus vulnérables.

Dans tous les cas, les véritables détenteurs d’un patrimoine massif — ceux qui seraient touchés par la proposition de Landini, ou par les propositions fiscales de Gabriel Zucman en France — sont, eux, épargnés de toute nouvelle taxation.

Alors que l’Italie tente d’équilibrer un budget sous forte pression européenne, la question de l’imposition des plus fortunés redevient un marqueur politique autant qu’un révélateur social. Le débat, lui, est loin de s’éteindre.

Méta-description :

En Italie, la proposition du syndicat CGIL d’instaurer une taxe patrimoniale de 1,3 % sur les fortunes de plus de 2 millions d’euros relance le débat alors que Meloni est accusée de favoriser les plus aisés dans son budget 2026.

Sources :

Courrier international – En Italie aussi, on débat sur une taxe pour les plus riches – 10 novembre 2025 – https://www.courrierinternational.com

Corriere della Sera – Analyse fiscale citée – novembre 2025

Sky TG24 – Déclarations de l’Istat sur le budget Meloni – novembre 2025

Pagella Politica – Analyse des mesures fiscales – novembre 2025

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