La Boxe Populaire Croix-Rousse a organisé une soirée consacrée à la boxe féminine le 7 mars, au gymnase des Genty dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. Pensé en écho à la Journée internationale des droits des femmes, l’événement a réuni boxeuses amateurs et professionnelles autour d’un objectif commun : promouvoir la place des femmes dans le noble art. Combats, démonstrations et témoignages ont illustré une discipline en pleine évolution.
À Lyon, la boxe féminine a occupé le devant de la scène le temps d’une soirée engagée. Le 7 mars, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes, la Boxe Populaire Croix-Rousse a organisé au gymnase des Genety un événement entièrement consacré à la mise en lumière des femmes dans le noble art.
Le club espagnol la « Fabriqua » devait participer à l’évènement en envoyant deux boxeuses, mais cette première collaboration de la Boxe populaire croix rousse avec un autre club de boxe populaire européen a été compliquée par le contexte internationale.
La Boxe Populaire Croix Rousse a toutefois maintenu l’événement. Deux boxeurs acceptant dans la dernière ligne droite de monter sur le ring pour un premier combat qui devait ensuite laisser la part belle à la gente féminine. Dans une ambiance à la fois sportive et militante, plusieurs boxeuses sont ensuite montées sur le ring pour montrer toute la richesse et la technicité de la discipline.

La boxe amateur était notamment représentée par Zoé et Constance, deux combattantes qui ont offert un affrontement intense et respectueux.

Des boxeuses de haut niveau
À leurs côtés, des athlètes au parcours déjà bien établi ont également pris part à la soirée, à l’image de Léa Chérifi et de Laetitia, toutes deux vice-championnes de France amateur. Lilia Chérifi peut également s’appuyer sur un palmarès solide avec un titre de championne de France amateur et un titre de championne de France professionnelle.

Les combats ont offert au public un spectacle technique et engagé, illustrant parfaitement la progression de la boxe féminine en France. Mais au-delà de la performance sportive, l’événement portait un message plus large : rappeler que la boxe constitue aussi un outil d’émancipation, de confiance en soi et de construction personnelle.
Pour certaines combattantes présentes lors de la soirée, l’évolution est particulièrement visible. C’est le cas de Lilia Chérifi, boxeuse depuis dix-sept ans et aujourd’hui professionnelle. À ses débuts, la présence féminine dans les clubs était encore très marginale.
« Pendant des années, j’étais la seule femme dans mon club », raconte la fille de l’ancien champion du monde de boxe, Hacine Chérifi.
Ancienne championne de France amateur avec près d’une soixantaine de combats à son actif, elle poursuit désormais sa carrière chez les professionnelles tout en développant un travail d’encadrement. Devenue éducatrice sportive, elle organise notamment des cours exclusivement féminins afin d’encourager davantage de femmes à découvrir la discipline dans un cadre accessible.
Pour Lilia Chérifi, la boxe dépasse largement le cadre de la compétition. Cardio boxing, travail au sac ou renforcement musculaire : la discipline peut prendre de multiples formes et reste accessible à un large public.
« La boxe est un sport très complet. Que l’on veuille faire de la compétition ou simplement se défouler, chacun peut y trouver sa place. »
Lors de la soirée, elle a participé à un sparring avec Laetitia, permettant au public d’observer de près le niveau technique et l’engagement des boxeuses.

Cette dernière à commencer la boxe sur le tard, ce qui ne l’a pas empêché d’atteindre le haut niveau puisqu’elle s’est incliné en finale des championnats de France, mais reste déterminée à remporté le titre. Laëtitia Delia considère la boxe comme une « bénédiction » qui lui a permis de rencontrer de belles personnes comme Lilia Chrerifi et son père Hacine, mais aussi comme une « véritable école de l’esprit ».
Le regard des coachs sur la boxe féminine
Hacine Chérifi, ancien champion du monde anglaise, champion d’Europe et champion de France, désormais éducateur sportif, était venu accompagné ses deux boxeuses.

Pour lui, la progression de la Boxe féminine est évidente. « On a eu une championne du monde Olympique, des championnes du monde et c’est vrai que la Boxe féminine, commence à bien monter en France », explique-t-il en saluant le niveau affiché lors de la soirée.
Au-delà de l’événement lui-même, cette soirée témoigne d’un mouvement plus large observé dans les clubs de la métropole lyonnaise. Plusieurs structures étaient présentes pour soutenir leurs combattants et participer à cette promotion du sport féminin.

Julien, gérant du United Expérience Club dans le 6ᵉ arrondissement de Lyon, accompagnait sa boxeuse Zoé qui devait à l’origine affronter une boxeuse espagnole. Bien que novice en boxe anglaise, cette pratiquante de MMA a accepté d’affronter une boxeuse plus expérimentée et dans une catégorie de poids supérieure. Elle n’a pas démérité démontrant son esprit de guerrière. Dans son club, plusieurs disciplines sont proposées en pratique loisir : boxe anglaise, boxe thaï, kickboxing, full contact, MMA ou encore grappling, une discipline qui plait bien aux femmes comme nous l’a expliqué Julien, gérant du Club United. Il nous a d’ailleurs expliqué que son club avait également organisé une journée d’initiation entièrement féminine à la boxe et à la lutte dans le cadre du 8 mars.
Du côté du Ksius Gym Club, situé dans le 1er arrondissement, la dynamique est similaire. Arnold, responsable de la salle, était venu soutenir l’une de ses boxeuses, Constance, engagée sur le ring face à Zoé.

Pour lui, l’essor de la boxe féminine est particulièrement visible chez les jeunes adultes. « On voit arriver beaucoup de femmes entre 18 et 25 ans », observe-t-il. Certaines viennent pour se défouler, d’autres pour apprendre un sport exigeant et complet, ou encore pour gagner en confiance dans leur vie quotidienne.
Les collaborations entre clubs lyonnais, comme celles qui existent entre le Ksius Gym Club et la Boxe Populaire Croix-Rousse, contribuent également à faire vivre la boxe amateur dans la métropole.
Le soutien institutionnel
La soirée a également attiré Julie Nublat-Faure, adjointe aux sports de la Ville de Lyon, venue soutenir cette initiative dédiée au sport féminin.

Pour l’élue, la boxe peut jouer un rôle important dans l’émancipation des femmes. De plus en plus nombreuses à pousser la porte des clubs, les pratiquantes trouvent dans ce sport un espace pour se dépasser, gagner en confiance et affirmer leur place sur le ring.
Nelson coach de la Boxe Populaire Croix Rousse était très satisfait à l’issue de cette soirée d’avoir pu « mettre en avant la boxe féminine de la journée du 8 mars ». « On espère que ç’a aura donné des vocations à d’autres femmes de rentrer dans le noble art et de pouvoir s’en servir comme outil d’émancipation et de construction sociale. »