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Photo : compte Facebook de Siham Labich.

Siham Labich : La Jean-Michel Aulas Stéphanoise ?

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Candidate aux élections municipales des 15 et 22 mars à Saint-Étienne, Siham Labich, ancienne adjointe de Gaël Perdriau revendique une liste « ni de droite ni de gauche » comme le candidat à la mairie de Lyon. Comme l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, sa liste penche toutefois à droite. Au micro de notre collègue Gilles Charles de Radio Gaga, elle revendique même l’étiquette « Cœur stéphanois » alors que le parti d’Aulas se nomme « Cœur lyonnais ».

À l’approche du scrutin municipal des 15 et 22 mars, la candidate stéphanoise Siham Labich multiplie les prises de parole pour détailler son projet politique. Invitée au micro de Radio Gaga 42 lors d’un entretien mené par le journaliste Gilles Charles, l’ancienne adjointe municipale a présenté les grandes lignes de sa campagne et la philosophie de la liste qu’elle conduit,.

La candidate revendique une démarche singulière dans le paysage politique local. Sa liste, composée de 59 personnes et constituée en seulement trois semaines, se veut dépourvue d’étiquette partisane. Siham Labich assume un positionnement qu’elle résume volontiers par une formule simple : « ni de droite ni de gauche ». Selon Labish, la gestion municipale relève avant tout du pragmatisme et du « bon sens ».

Cette posture politique n’est pas sans rappeler celle adoptée ces derniers mois dans la métropole voisine de Lyon par Jean-Michel Aulas, l’ancien président de l’Olympique lyonnais, lui aussi engagé dans la vie publique avec un mouvement baptisé « Cœur lyonnais ».

Gilles Charles n’a pas hésité a rappelé que l’ancienne adjointe au maire de Saint-Étienne, chargée notamment de l’éducation et de la réussite éducative avait fait partie d’une majorité à droite, voire très à droite. Une situation qui rappelle également celle de Jean-Michel Aulas qui présente sa liste transpartisanne, mais qui a toutefois reçu essentiellement le soutien de la droite et de la macronie.

Lors de l’entretien sur Radio Gaga, notre Collègue Gilles Charles a d’ailleurs baptisée la liste de Labich de « Coeur Stéphanois », un label que la candidate ne semble pas repousser frontalement.

Si la comparaison peut surprendre dans une région où la rivalité entre Lyon et Saint-Étienne structure depuis longtemps l’imaginaire local, elle souligne surtout une évolution des stratégies politiques municipales ou nationales, puisque cette démarche n’est pas sans rappeler celle du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron qui avait brouillé les lignes lors des dernières élections présidentielles. Comme lui, Siham Labich propose également de lutter contre les écrans, les fakes news et prône la régulation pour lutter contre la désinformation.

Sur la question de la tranquillité publique, Siham Labich défend une approche mêlant proximité et fermeté. Elle propose notamment le déploiement de policiers municipaux patrouillant à pied dans les quartiers, dans l’esprit des anciens gardes champêtres. Elle souhaite également instaurer des sanctions éducatives pour les mineurs impliqués dans des actes de délinquance, en convoquant systématiquement les parents.

La propreté urbaine constitue un autre axe de sa campagne. Critiquant le système actuel de gestion des déchets via QR code, qu’elle juge trop complexe et inefficace, elle propose de le supprimer au profit d’une déchetterie mobile qui se déplacerait chaque mois dans les différents quartiers. Elle envisage également d’augmenter le nombre de cantonniers en réduisant certains postes de direction au sein de la municipalité.

La candidate souhaite aussi lutter contre les dégradations visuelles, notamment les tags, en créant une brigade dédiée. Les murs concernés pourraient ensuite accueillir des fresques rendant hommage à des figures locales de l’histoire stéphanoise. Elle cite l’exemple des fresques réalisées par le graffeur lyonnais, Kalouf, qui a déjà réalisé des fresques du franc-maçon, Aristide Briand ou de Simone Veil.

Sur le plan économique, Siham Labich entend redynamiser le centre-ville en attirant créateurs locaux, artisans et acteurs des circuits courts. Elle n’exclut pas que la municipalité acquière certains locaux commerciaux afin de proposer des loyers très attractifs, voire gratuits la première année pour les nouveaux commerçants.

La question de la mobilité est également abordée dans son programme. La candidate se montre opposée à une politique de « tout-piéton », qu’elle estime risquée pour l’activité commerciale du centre-ville. Elle fustige les manipulateurs dont l’objectif est de faire pour « maîtriser les âmes des un et des autres » citant Machiavel. Labich plaide au contraire pour un accès automobile facilité, avec une reconfiguration du parking des Ursules et la création de nouvelles zones de stationnement.

Sur le plan sanitaire, elle souhaite répondre à la désertification médicale par la création de centres médicaux municipaux destinés à faciliter l’installation de nouveaux praticiens. Elle promet également d’interpeller l’État sur la question du numerus clausus.

Enfin, Siham Labich souhaite redonner de la visibilité au label « Ville UNESCO de design » dont bénéficie Saint-Étienne. Elle propose notamment un plan d’harmonisation des enseignes commerciales afin que le design devienne une réalité visible dans l’espace urbain.

Si elle remportait l’élection municipale, la candidate entrerait dans l’histoire politique locale en devenant la première femme maire de Saint-Étienne. Une perspective qu’elle évoque sans détour, tout en rappelant les résistances persistantes dans certains milieux politiques où l’on estime encore que les Stéphanois « ne seraient pas prêts » à élire une femme.

Dans une campagne municipale marquée par de fortes tensions politiques et une fragmentation des candidatures, la stratégie de Siham Labich consiste donc à se présenter comme une figure locale indépendante, revendiquant une démarche pragmatique et citoyenne. Une posture qui, volontairement ou non, fait écho à d’autres expériences politiques régionales, notamment celle incarnée par Jean-Michel Aulas à Lyon.

Source :

Radio Gaga 42 – Interview de Siham Labich par Gilles Charles

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