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Jean Luc MELENCHON in the European Parliament in Strasbourg. Photo : DR

BlackCore : la France enquête sur une société israélienne ciblant LFI

Les services de renseignement français examinent si une société israélienne opaque, BlackCore, a mené une campagne de manipulation numérique ciblant des candidats de La France Insoumise lors des élections municipales de mars 2026. L’opération aurait visé trois candidats dans des villes importantes, selon Viginum et Reuters.

C’est dans les semaines qui ont précédé les élections municipales françaises de mars 2026 que l’alerte a été donnée. L’agence gouvernementale Viginum, chargée de la surveillance des ingérences numériques étrangères, a révélé l’existence d’un “dispositif d’ingérence numérique étrangère” à portée “limitée” ciblant “un parti politique français”.

 Viginum aurait notamment dentifié en mars 2026 un “ingérence numérique étrangère” via des sites web, faux comptes sur réseaux sociaux et publicités diffamatoires accusant des candidats LFI de comportements criminels.

Selon les informations publiées par Le Monde, puis Reuters et l’Agence Anadolu, les victimes seraient trois candidats de La France Insoumise : Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse, et David Guiraud à Roubaix. L’opération aurait consisté en la création de sites web trompeurs et de comptes de réseaux sociaux diffusant de fausses informations faisant état de comportements criminels.

BlackCore : une entreprise aussi discrète que son nom

La société soupçonnée se présente sur son site web comme “une entreprise d’élite spécialisée dans l’influence, la cybersécurité et la technologie, construite pour l’ère moderne de la guerre informationnelle.” Les investigations de Reuters n’ont pas permis d’établir avec certitude l’identité des personnes derrière BlackCore, ni de retrouver son enregistrement dans les registres commerciaux israéliens. Le site web et la page LinkedIn de BlackCore ont été mis hors ligne peu après les premières publications médiatiques.

Israël dit ne pas connaître BlackCore

Interrogé par l’agence Reuters, le ministère israélien des Affaires étrangères du contributeur de l’agenda 2030, JeanNoël Barrot a indiqué ne pas avoir connaissance de l’existence de BlackCore. Cette réponse laisse entière la question du commanditaire éventuel de l’opération. Si le lien entre BlackCore et un État ou une organisation israélienne venait à être établi, cela constituerait une ingérence directe d’un pays étranger dans le processus électoral français, aux conséquences diplomatiques potentiellement importantes.

La réaction de La France Insoumise

Sur X, la Députée Insoumise de Créteil, Clemence Guettté a réagi le 13 mai : “C’est désormais certain. La société israélienne BlackCore a bien tenté de manipuler des élections françaises, en diffusant des informations inventées pour salir des candidats insoumis.”

De son côté, Jean-Luc Mélenchon demande “au gouvernement une loi permettant de combattre les ingérences étrangères”.

La France face aux nouvelles formes d’ingérence électorale

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de multiplication des opérations d’influence étrangères visant les démocraties européennes. Viginum a déjà documenté plusieurs campagnes attribuées à des acteurs russes lors des élections législatives de 2022 et 2024. Le fait que cette fois une société proche d’Israël soit soupçonnée représente une configuration inédite pour les services français. L’affaire BlackCore pose la question urgente de la régulation internationale des sociétés spécialisées dans la “guerre informationnelle” – un secteur qui opère souvent dans une zone grise entre espionnage privé et manipulation des opinions.


Source : Agence Anadolu – 13 mai 2026

 

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