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Steve Banon et Jeffrey Epstein. Image : Capture d'écran réseaux sociaux.

Affaire Epstein : Steve Bannon préparait un documentaire de réhabilitation le jour même de l’arrestation du financier

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Des courriels dévoilés par des parlementaires américains au mois de novembre dernier révèlent une opération médiatique méconnue autour de Jeffrey Epstein. Le jour même de son arrestation pour trafic sexuel, le financier travaillait avec Steve Bannon à la production d’un documentaire destiné à redorer son image et à contrer la série Netflix Jeffrey Epstein: Filthy Rich. Une initiative avortée in extremis, qui éclaire d’un jour cru les stratégies d’influence déployées dans l’ombre par Bannon qui lui vaut le courroux des conservateurs.

Les révélations s’ajoutent à la longue liste des zones d’ombre entourant l’affaire Epstein. Selon une série d’e-mails récemment rendus publics, Steve Bannon, ancien conseiller du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, préparait activement un documentaire favorable à Jeffrey Epstein le jour même où ce dernier était arrêté par les autorités fédérales américaines, en juillet 2019.

Le projet visait explicitement à contrer la diffusion imminente de la série documentaire de Netflix Jeffrey Epstein: Filthy Rich, laquelle s’apprêtait à exposer les crimes sexuels du financier et les témoignages de ses victimes. D’après ces échanges, Epstein entendait reprendre la main sur le récit public, en produisant un film présenté comme « réparateur », donnant la parole à des proches et à des figures influentes issues des médias, du monde universitaire et de la politique.

Steve Bannon, qui avait produit plusieurs films avant son passage à la Maison-Blanche, apparaît comme un rouage central de cette tentative de rebranding. Les archives du ministère de la Justice et de la commission de surveillance de la Chambre des représentants révèlent une coordination soutenue entre 2017 et 2019.

Epstein a conseillé Bannon sur le financement, la stratégie et la communication. Il a fait pression sur les responsables européens, affirmé que des gouvernements tomberaient « comme prévu », organisé des rencontres à l’étranger et averti Bannon de « ne pas s’attirer d’ennuis à son sujet ».

Dans un échange explicite, Banon propose de tourner sur Little St. James, l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes, au cœur des accusations d’abus sexuels sur mineures. « Si on s’organise, peut-on filmer sur l’île ? », demande-t-il. Epstein accepte immédiatement.

Le même jour, Bannon relance le financier pour fixer une heure de tournage. La réponse d’Epstein tombe, laconique : « Tout est annulé. » Quelques minutes plus tard, Epstein est arrêté à l’aéroport de Teterboro, dans le New Jersey. Bannon n’obtiendra plus jamais de réponse.

Le projet devait notamment inclure des témoignages de proches d’Epstein, parmi lesquels le journaliste et écrivain Michael Wolff, auteur de plusieurs ouvrages sur la présidence Trump. Les courriels montrent que Wolff conseillait Epstein sur sa communication et sur la manière de gérer ses relations avec Donald Trump, allant jusqu’à suggérer des stratégies médiatiques cyniques pour transformer certaines déclarations présidentielles en levier politique.

Cette opération de communication trouve son origine à la fin de l’année 2018, alors que la série Filthy Rich prenait forme. Epstein, Bannon et la publiciste Peggy Siegal avaient alors cherché à anticiper l’impact du documentaire de Netflix, après que ses producteurs ont sollicité Siegal pour une intervention à l’écran. Epstein se montre méprisant envers le projet, qualifiant le documentariste Joe Berlinger de « hack », tandis que Bannon ironise sur ce qu’il présente comme une future hagiographie inversée.

Si Peggy Siegal finira par refuser de participer à la série Netflix, l’idée d’un contre-récit ne sera pas abandonnée. Jusqu’à l’arrestation d’Epstein, les échanges montrent une implication croissante de Bannon, qui coordonne interviews et déplacements, tout en niant par la suite toute proximité avec le financier.

Après la mort d’Epstein en prison, Steve Bannon s’est pourtant imposé comme l’un des critiques les plus virulents du refus des autorités américaines de publier l’intégralité des « Epstein files ». Les e-mails révélés aujourd’hui nuancent fortement cette posture, suggérant une relation plus étroite et plus consciente qu’il ne l’a admis publiquement.

Sur X, Elon Musk a retweeté un post affirmant même que « Steve Banon n’était pas seulement une connaissance d’Epstein, mais qu’il était un de ses amis les plus proches ».

https://twitter.com/elonmusk/status/2020930384964485467

L’influenceur chrétien affirme sur X que « Steve Bannon devrait être surveillé et évité par tous les membres du mouvement conservateur ».

https://twitter.com/StoneJAlex/status/2020905930028708228

L’influenceur malaisien anti-progressistes et anti-woke Ian Miles Cheong estime que « Le fait que Steve Bannon ait été un dégénéré anti-Trump et un allié cherchant à redorer l’image de Jeffrey Epstein par la production d’un documentaire n’est que la partie émergée d’un iceberg immonde ». Il le présente comme un escroc de longue date, impliqué dans de multiples arnaques, notamment aux côtés de Miles Guo, un fraudeur chinois condamné. Selon lui, ces escroqueries auraient permis de détourner plus d’un milliard de dollars, utilisé pour financer le train de vie de Guo et de Bannon sous couvert de militantisme anti-PCC.

Ces documents élargissent également le spectre des responsabilités, en montrant comment Epstein tentait, jusqu’au dernier moment, de mobiliser des acteurs majeurs de l’écosystème médiatique pour façonner une narration alternative. Une stratégie finalement stoppée net par son arrestation, mais qui illustre l’ampleur des réseaux et des mécanismes d’influence à l’œuvre autour de l’un des plus grands scandales criminels et politiques contemporains.

Sources :

The Hollywood Reporter – révélations issues des e-mails déclassifiés – lien

Documents parlementaires américains rendus publics – février 2026

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