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Donald Trump. Photo : @Daniel Torok

Affaire Epstein : La crise qui fracture le monde MAGA et fragilise Donald Trump

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La publication partielle et confuse des archives liées à Jeffrey Epstein ravive les tensions au sein de la mouvance MAGA. Plusieurs figures influentes de la droite conservatrice américaine dénoncent un manque de transparence de l’administration. Au cœur de la tourmente, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, se retrouve politiquement fragilisé, pris entre loyauté partisane et soupçons persistants.

Lors de sa campagne pour la présidentielle, Trump avait promis de faire des révélations sur le 11 septembre, l’assassinat de Kenney et l’affaire Epstein, mais une fois arrivé au pouvoir, le président a freiner des deux fers. Cela a commencé a créée des tensions avec des trumpistes convaincus tels que le journaliste Tucker Carlson ou Candace Owens.

L’onde de choc a été amplifiée par Elon Musk, ancien allié devenu critique, qui a publiquement affirmé que Donald Trump figurait dans les dossiers Epstein, suggérant que cette présence expliquerait les réticences à publier les documents. Le président avait alors tenté de minimiser l’affaire, la qualifiant de « sordide » mais « ennuyeuse », avant de revenir à l’argument du complot partisan.

Également qualifiée de « canular » démocrate par le président, l’affaire apparaît désormais comme un test de cohérence pour un mouvement fondé sur la dénonciation des élites et la défiance envers les institutions. Or, cette fois, le soupçon ne vise plus seulement l’« establishment » honni, mais touche le sommet même de l’exécutif. À trois reprises, Donald Trump a affirmé avoir été « totalement exonéré », une insistance qui trahit un inconfort politique manifeste.

Des voix influentes de la sphère conservatrice expriment publiquement leurs doutes. Joe Rogan, animateur au succès considérable sur YouTube, a récemment estimé que l’argument du « canular » ne tenait plus face aux éléments révélés. Interrogeant l’absence de transparence sur les noms caviardés dans les documents publiés, celui qui était un soutien indéfectible de Donald Trump a suggéré que la rétention d’informations ne pouvait être justifiée par la seule protection des victimes. Tim Pool, autre commentateur conservateur populaire, a qualifié l’usage du terme « canular » de « choquant pour la conscience », évoquant une possible dissimulation des complices du financier déchu.

La pression s’est accentuée après la signature, fin décembre 2025, d’une loi imposant la publication complète des archives Epstein. Entre le printemps et l’automne 2025, l’administration avait multiplié les hésitations. La ministre de la justice Pam Bondi avait d’abord promis la divulgation d’une liste inédite de personnalités impliquées, avant d’affirmer que cette liste n’existait pas. Sa prestation tendue devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, le 11 février, a été vivement critiquée dans les rangs conservateurs.

En arrière-plan, la figure de Jeffrey Epstein continue de cristalliser les fantasmes et les colères. La thèse officielle du suicide en prison, en 2019, reste contestée dans une partie de l’opinion conservatrice. Ghislaine Maxwell, condamnée pour son rôle dans le réseau, réclame aujourd’hui une grâce présidentielle en échange de sa coopération avec le Congrès.

La crise révèle aussi les fractures internes du mouvement MAGA. La représentante Républicaine, Marjorie Taylor Greene a averti que minimiser le scandale pourrait coûter cher aux républicains lors des prochaines élections de mi-mandat. D’autres figures médiatiques, comme Laura Loomer ou Matt Walsh, appellent à la nomination d’un procureur spécial indépendant.

Dans l’ombre, Steve Bannon reste discret. Les nouveaux documents confirment pourtant ses échanges anciens avec Epstein, mêlant discussions géopolitiques et propositions d’assistance en communication de crise. Dans un courrier envoyé en juin 2019, Epstein lui écrivait ceci : « Maintenant tu peux comprendre pourquoi Trump se réveille en sueur au milieu de la nuit quand il entend que toi et moi, on est amis. »

Au-delà des clivages partisans, l’affaire Epstein s’impose ainsi comme une épreuve de vérité pour le trumpisme, d’autant que certaines révélations des Epstein Files ont de quoi accablé le président décrit par le financier comme « stupide ».

Sources :

Le Monde – 18 février 2026 – lien

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