Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’investigations liées aux documents américains de l’affaire Jeffrey Epstein. Invitée sur LCI, l’avocate Caty Richard, représentant l’association Innocence en danger, salue une décision qu’elle juge indispensable. Elle estime que de nombreux éléments méritaient d’être approfondis côté français.
La justice française entre officiellement dans le dossier Epstein. Le 14 février, le parquet de Paris a annoncé la désignation de magistrats chargés d’examiner les éléments issus des millions de documents rendus publics par les autorités américaines dans l’affaire Jeffrey Epstein.
Invitée sur LCI, l’avocate Caty Richard, qui représente l’association Innocence en danger, a salué cette initiative. « Il fallait absolument que ce dossier soit épluché en France », a-t-elle déclaré, estimant que certaines ramifications françaises méritaient un examen approfondi.
L’association, présidée par Homayra Seillier, avait dès 2019 alerté les autorités françaises sur les implications potentielles du dossier. Cette mobilisation avait notamment contribué à l’ouverture d’une information judiciaire visant Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins proche d’Epstein, mis en examen pour viols sur mineures et harcèlement sexuel. Celui-ci est décédé en détention en 2022, entraînant l’extinction des poursuites et un non-lieu en 2023.
Pour Caty Richard, la procédure n’a toutefois pas épuisé l’ensemble des pistes. « Le dossier est important puisque des gens parlent. On parle de recrutement, on parle de beaucoup de jeunes filles, on parle de personnalités françaises qui se seraient rendues à l’étranger, sur l’île d’Epstein notamment », a-t-elle indiqué. Elle souligne que de nombreux éléments figurant dans les archives américaines pourraient compléter ou éclairer des investigations déjà menées en France.
La décision du parquet de Paris intervient dans un contexte international de forte exposition médiatique. Les documents publiés aux États-Unis ont ravivé l’attention autour de relations passées entre Epstein et diverses personnalités politiques, économiques ou culturelles à travers le monde.
Les magistrats français devront désormais déterminer si des infractions pénales relevant de la compétence nationale peuvent être caractérisées. À ce stade, aucune nouvelle mise en examen n’a été annoncée.
Pour l’avocate, l’enjeu dépasse la seule dimension judiciaire : il s’agit aussi d’assurer que les éventuelles victimes françaises soient entendues et que les éléments disponibles soient exploités « jusqu’au bout ». La réouverture de l’analyse du dossier marque ainsi une nouvelle étape dans un scandale aux ramifications transnationales.
Sources :
LCI – 14 février 2026 – https://www.lci.fr/
Parquet de Paris – Communiqué février 2026 – https://www.justice.fr/