Invitée sur M6 ce dimanche 15 février, l’avocate Anne-Claire Lejeune a apporté de nouvelles précisions sur le rôle présumé de deux Français mentionnés dans les millions de documents liés à Jeffrey Epstein. Elle évoque un système de recrutement de mannequins à des fins d’exploitation sexuelle. Le parquet de Paris a engagé une analyse approfondie des éléments transmis par la justice américaine.
L’onde de choc provoquée par la publication massive des archives américaines liées à Jeffrey Epstein continue de se propager en France. Alors que le parquet de Paris a annoncé la mise en place de magistrats référents pour examiner d’éventuelles infractions impliquant des ressortissants français, une avocate de victimes présumées a pris la parole pour détailler ce qu’elle présente comme un mode opératoire structuré.
Invitée d’Anne-Sophie Lapix dans l’émission « 20h10 » sur M6, Anne-Claire Lejeune, conseil de six plaignantes, est revenue sur le cas de Daniel Siad, recruteur de mannequins cité à plus de 2 000 reprises dans les courriels rendus publics par la justice américaine, selon elle. D’après l’avocate, plusieurs victimes auraient expliqué avoir été recrutées puis présentées à Jeffrey Epstein « à des fins d’exploitation sexuelle ».
L’une d’elles, la Suédoise Ebba Karlson, a déposé plainte le 11 février contre Daniel Siad. Elle lui reproche des faits « de nature sexuelle » qualifiés de viol, susceptibles d’avoir été commis en France en 1990. Selon son récit, elle aurait été approchée en Suède avec la promesse d’une carrière de mannequin, avant d’être invitée à Monaco puis en France. Anne-Claire Lejeune affirme que l’intéressé se présentait comme recruteur officiel de mannequins, mais que certaines jeunes femmes auraient ensuite été orientées vers des tiers pour des relations sexuelles.
L’avocate indique également qu’Ebba Karlson accuse Daniel Siad de l’avoir violée dans une propriété à Cannes, avant de la conduire auprès de Gérald Marie, ancien dirigeant de l’agence de mannequins Elite. Une plainte déposée en 2020 contre ce dernier pour viol a été classée pour prescription. Selon Anne-Claire Lejeune, l’identité de Daniel Siad n’aurait été formellement établie que récemment, grâce au travail d’un journaliste.
En parallèle, le parquet de Paris a annoncé une « réanalyse intégrale du dossier d’instruction » concernant Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins proche d’Epstein. Mis en examen pour viols sur mineures et harcèlement sexuel, il s’était suicidé en détention en février 2022. L’information judiciaire avait été close par un non-lieu en juillet 2023, aucune autre personne n’ayant été mise en examen dans le dossier.
Selon Maître Lejeune, six femmes accusent Jean-Luc Brunel de viol et de harcèlement sexuel. Elle décrit un schéma récurrent : des invitations à son domicile parisien, la consommation d’alcool, puis des épisodes de « blackout » rapportés par les plaignantes avant un réveil à ses côtés. Ces éléments, déjà évoqués dans la procédure initiale, pourraient être réexaminés à la lumière des nouveaux documents américains.
Le parquet précise que l’objectif de cette réanalyse est d’« extraire toute pièce susceptible d’être utilement réexploitée dans un nouveau cadre d’enquête ». Les magistrats devront déterminer si les archives récemment déclassifiées comportent des éléments nouveaux susceptibles de relancer ou d’élargir les investigations.
À ce stade, aucune mise en examen n’a été annoncée dans ces nouveaux développements. L’affaire, tentaculaire et transnationale, continue toutefois d’alimenter un vif intérêt médiatique et judiciaire en France, à mesure que les documents américains sont passés au crible.
Méta-description :
Affaire Epstein : une avocate décrit le mode opératoire présumé de Français cités dans les dossiers. Le parquet de Paris analyse les documents.
Tags :
Affaire Epstein, Daniel Siad, Jean-Luc Brunel, parquet de Paris, exploitation sexuelle
Image :
Illustration réaliste au format 16/9, ambiance judiciaire, pile de dossiers marqués « confidentiel » sur un bureau, lumière tamisée, silhouette floue d’un palais de justice en arrière-plan, atmosphère sérieuse et institutionnelle, sans texte.
Sources :
M6 – « 20h10 » du 15 février 2026 – https://www.m6.fr/
Parquet de Paris – Communiqué février 2026 – https://www.justice.fr/
AFP – 15 février 2026 – https://www.afp.com/