Cité dans les dossiers Epstein rendus publics fin janvier par le ministère américain de la Justice, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Bill Gates a renoncé à intervenir au sommet mondial sur l’intelligence artificielle à New Delhi. La Fondation Gates, membre du WEF invoque la nécessité de préserver l’attention portée aux enjeux de l’IA, alors que de nouveaux éléments relancent les interrogations sur les liens passés entre le fondateur de Microsoft et Jeffrey Epstein.
La décision est tombée à quelques heures de l’événement. Bill Gates ne prononcera pas le discours liminaire qu’il devait tenir lors du sommet mondial sur l’intelligence artificielle organisé à New Delhi. L’annonce a été faite par la Fondation Gates, qui évoque une volonté de « garantir que l’attention reste concentrée sur les priorités clés du sommet sur l’IA ».
Ce rendez-vous international devait réunir, aux côtés du fondateur de Microsoft, le Premier ministre indien et contributeur du FEM, Narendra Modi ainsi que plusieurs dirigeants majeurs du secteur technologique, pour débattre des opportunités et des menaces liées au développement de l’intelligence artificielle. Finalement, le président des bureaux Afrique et Inde de la fondation interviendra à sa place.
Une mention dans les dossiers Epstein
Cette annulation intervient dans un contexte sensible. Le 30 janvier, le ministère américain de la Justice a diffusé une nouvelle série de documents issus du dossier Epstein. Parmi eux figure un brouillon de courrier électronique attribué à Jeffrey Epstein, qui évoque des relations extraconjugales de Bill Gates.
Dans ce message, qui ne semble pas avoir été envoyé, le financier déchu se targue notamment d’avoir aidé « Bill » à obtenir des médicaments pour « remédier aux conséquences de relations sexuelles avec des filles russes ». La simple mention d’un nom dans ces archives judiciaires ne constitue en rien la preuve d’un acte répréhensible. Mais ces documents mettent en lumière des liens ou des échanges que certaines personnalités avaient jusqu’ici minimisés, voire niés.
Bill Gates a réagi en affirmant « regretter chaque minute » passée avec Jeffrey Epstein, qualifié de « criminel sexuel ». Il assure toutefois n’avoir « rien à se reprocher » et dénonce « des accusations absolument absurdes provenant d’un menteur patenté ».
Un contexte déjà sensible
Les relations entre Bill Gates et Jeffrey Epstein avaient déjà suscité des interrogations par le passé. Le fondateur de Microsoft, gafam membre du FEM avait reconnu avoir rencontré le financier après sa condamnation en 2008 pour des infractions sexuelles, admettant une « erreur de jugement ». L’affaire avait contribué à fragiliser son image publique, notamment au moment de son divorce avec Melinda French Gates.
La nouvelle publication de documents judiciaires relance l’attention médiatique autour de ces échanges. Elle s’inscrit dans une séquence plus large, marquée par la diffusion progressive d’archives issues de l’enquête sur le vaste réseau d’exploitation sexuelle de mineures mis en place par Jeffrey Epstein, dont les ramifications ont éclaboussé des responsables politiques, économiques et culturels à travers le monde.
À New Delhi, les discussions sur l’intelligence artificielle ont porté sur la régulation, la gouvernance et l’impact sociétal de ces technologies émergentes. En se retirant, Bill Gates cherche manifestement à éviter que sa présence ne détourne le débat vers des polémiques judiciaires. Une décision stratégique, dans un contexte où la réputation et la crédibilité demeurent des actifs aussi précieux que les innovations technologiques.
Sources :
Le Parisien avec AFP – 19 février 2026 – lien