Arrêté le 19 février, jour de ses 66 ans, l’ex-prince Andrew a été interrogé pendant onze heures avant d’être remis en liberté sous enquête. Soupçonné de « faute dans l’exercice de fonctions officielles » en lien avec l’affaire Epstein, l’ancien duc d’York devient le premier membre majeur de la monarchie britannique moderne à être placé en garde à vue. Un séisme politique et symbolique outre-Manche.
L’image restera comme l’une des plus marquantes de l’histoire récente de la monarchie britannique. Le 19 février au soir, Andrew Mountbatten-Windsor apparaît hagard, amaigri, adossé à la banquette arrière d’une voiture quittant le commissariat d’Aylesham, dans le Norfolk. Quelques heures plus tôt, l’ancien duc d’York avait été arrêté à Sandringham, sur le domaine royal, avant d’être placé en garde à vue pendant onze heures.
À 66 ans, célébrés le jour même de son interpellation, il devient le premier membre senior de la famille royale moderne à être arrêté et détenu. La police de Thames Valley a confirmé l’arrestation d’« un homme d’une soixantaine d’années originaire du Norfolk » pour des faits présumés de mauvaise conduite dans la fonction publique, une infraction définie par les directives du Service des poursuites de la Couronne comme un « abus grave et volontaire ou une négligence des pouvoirs ou responsabilités liés à une fonction publique », constitutif d’une trahison de la confiance du public. Andrew a été remis en liberté sous enquête, tandis que les investigations se poursuivent.
Des soupçons liés à son rôle d’envoyé spécial
Au cœur des accusations figure sa relation avec le financier américain Jeffrey Epstein. Selon les éléments rapportés par les médias britanniques et relayés par LBC, Andrew est soupçonné d’avoir transmis à Epstein des informations sensibles lorsqu’il occupait le poste d’envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce international. Les allégations portent notamment sur le partage de comptes rendus de visites officielles à Hong Kong, au Vietnam et à Singapour, susceptibles de contenir des éléments stratégiques sur des opportunités d’investissement.
Si ces faits étaient établis, ils constitueraient un manquement particulièrement grave aux obligations attachées à ses fonctions publiques. Andrew a toujours nié tout acte répréhensible.
Perquisitions à Sandringham et Windsor
Pendant qu’il était interrogé, les forces de l’ordre ont mené des perquisitions à Wood Farm, sur le domaine privé de Sandringham, où il s’était récemment installé après avoir quitté Royal Lodge à Windsor, ainsi que dans cette dernière résidence du Berkshire. Des véhicules de police ont été vus entrant et sortant de Royal Lodge tout au long de la journée.
La police de Thames Valley a indiqué que les fouilles dans le Norfolk étaient terminées, tandis que celles du Berkshire se poursuivaient. Le Conseil national des chefs de police a précisé avoir informé le Home Office trente minutes avant l’arrestation, conformément aux procédures habituelles. Plusieurs forces régionales, de Surrey à l’Écosse en passant par le West Midlands et le Wiltshire, examinent par ailleurs les éléments issus de la récente publication des « Epstein files ». L »Agence nationale de lutte contre le crime apporte son soutien aux investigations en cours.
Une onde de choc internationale
Devant Buckingham Palace, journalistes et caméras du monde entier se sont massés dès l’annonce de l’arrestation. « Toutes les chaînes envoient des journalistes ici », témoignait la correspondante de TF1 à Londres. L’affaire dépasse largement les frontières britanniques.
Le roi Charles III membre du groupe Bilderberg a déclaré que « la justice doit suivre son cours » et assuré les autorités de son « plein et entier soutien ». Malgré la tempête médiatique, le souverain a maintenu ses engagements publics, apparaissant notamment à la London Fashion Week puis recevant des diplomates à St James’s Palace, sous les applaudissements mêlés de huées et de silences pesants.
Aux États-Unis, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump a qualifié l’événement de « très triste » et « si mauvais pour la famille royale », affirmant pouvoir s’exprimer sur le sujet en se disant « totalement exonéré » par la récente publication de documents liés à l’affaire Epstein par son département de la Justice.
La réaction de la famille de Virginia Giuffre
L’arrestation d’Andrew a également suscité la réaction de la famille de Virginia Giuffre, qui avait accusé l’ex-prince d’agression sexuelle alors qu’elle était mineure. L’affaire s’était conclue en 2022 par un accord financier à l’amiable, sans reconnaissance de culpabilité. Dans un communiqué, ses proches ont salué le fait que « personne n’est au-dessus de la loi, pas même la royauté », remerciant la police britannique pour son action.
Depuis plus d’une décennie, le nom d’Andrew est associé à l’affaire Epstein, dont les ramifications continuent d’éclabousser des personnalités politiques, économiques et médiatiques à travers le monde. Cette arrestation marque une nouvelle étape judiciaire, mais aussi un tournant symbolique pour la monarchie britannique, confrontée à l’épreuve d’une procédure pénale visant l’un de ses membres les plus controversés. L’ex-prince demeure, à ce stade, présumé innocent.
Sources :
TF1 Info – 19 février 2026 – lien
LBC – Haggard and gaunt Andrew released after 11 hours in custody – lien