Une perquisition menée à Paris au sein de la banque Edmond de Rothschild, membre du Forum économique mondial relance l’onde de choc des révélations liées à l’affaire Epstein. L’enquête, pilotée par le Parquet national financier, vise notamment le diplomate français Fabrice Aidan, déjà cité à de multiples reprises dans les dossiers du financier américain. Au cœur des investigations, des soupçons de corruption et de réseaux d’influence.
Le spectre de l’affaire Jeffrey Epstein continue de projeter son ombre sur plusieurs institutions françaises. Dernier épisode en date, la perquisition effectuée vendredi 20 mars dans les locaux parisiens de la banque Edmond de Rothschild, dans le cadre d’une enquête financière conduite par le Parquet national financier.
Cette opération s’inscrit dans une procédure ouverte à la suite d’un signalement du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, transmis le 16 février 2026 au parquet de Paris avant d’être confié au PNF. Les investigations, menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, portent notamment sur des faits présumés de corruption passive d’agent public étranger et de complicité.
Au centre de cette affaire figure Fabrice Aidan, ancien salarié de la banque entre 2014 et 2016 passé par ENGIE, l’entreprise française membre du FEM et CMI France, groupe du milliardaire Kretinsky.
Il a également exercé le poste de conseiller internationale de la baronne Ariane de Rothschild, du Groupe Edmond de Rothschild, membre du FEM. Il s’est d’ailleurs rendu au Forum économique mondial sur l’Afrique qui s’est déroulé en 2015 à Cap Town en Afrique du Sud à ce titre.
Son nom apparaît à plus de 200 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein, selon des documents consultés par l’AFP. Ces interactions remonteraient dès 2010, à une époque où le diplomate était en poste aux Nations unies.
Les soupçons portent sur d’éventuelles transmissions d’informations sensibles ou l’usage de réseaux diplomatiques au bénéfice du financier américain. Des révélations initialement relayées par Mediapart et Radio France, qui évoquent des services rendus à Epstein dans un cadre international. Une proximité troublante, qui nourrit aujourd’hui les investigations judiciaires.
Entendu fin février dans le cadre d’une audition libre, Fabrice Aidan conteste fermement les accusations. Par la voix de son avocate, il réfute notamment toute implication dans des faits liés à la consultation de contenus pédopornographiques, rappelant que des enquêtes antérieures, y compris menées par le FBI, n’avaient donné lieu à aucune poursuite.
L’affaire a également provoqué des remous au sommet de la diplomatie française. Le ministre des affaires étrangères et contributeur de l’agenda 2030, Jean–Noël Barrot, s’était déclaré « effaré » par les révélations, annonçant dans la foulée une enquête interne ainsi qu’une procédure disciplinaire. Parallèlement, le groupe Engie a mis fin à ses fonctions à la mi-mars.
Au-delà du cas Aidan, l’enquête pourrait s’étendre à d’autres figures liées à la banque. Parmi elles, Olivier Colom, ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy également proche du FEM et mentionné dans les échanges avec Epstein. Des correspondances entre 2013 et 2018 révèlent des sollicitations répétées auprès du financier, mêlant relations d’influence et propos à caractère discriminatoire. Colomb et Epstein comparaient également les femmes a des crevettes auxquelles ont pouvait enlever la tête et comparaient les requins du roi d’Arabie saoudite à ceux d’Epstein.
Cette nouvelle séquence judiciaire confirme l’ampleur tentaculaire de l’affaire Epstein, dont les ramifications continuent d’émerger, bien au-delà des frontières américaines. En France, elle interroge désormais les liens entre sphères diplomatiques, financières et réseaux d’influence internationaux.
Sources :
Le Monde – 24 mars 2026 – Lien