Dans un éditorial au ton sévère, le comité éditorial du The New York Times accuse le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump de s’engager en Iran avec une « légèreté irresponsable ». Le quotidien new-yorkais de centre gauche reproche au président américain d’entraîner les États-Unis dans un conflit majeur sans avoir consulté le Congrès ni clarifié ses objectifs.
Le journal rappelle qu’en 2024, Donald Trump avait promis de mettre fin aux guerres et de ne pas en déclencher de nouvelles. Or, selon l’éditorial, l’année 2025 a été marquée par des frappes américaines dans sept pays différents. L’attaque lancée contre la République islamique d’Iran, en coopération avec Israël, constituerait un nouveau pas dans cette escalade.
Pour le New York Times, l’ampleur de l’opération dépasse de loin les bombardements ciblés de juin, alors même que le président n’aurait fourni « aucune explication crédible » sur les raisons d’un tel engagement militaire.
Le Congrès contourné
Au cœur des critiques figure la question constitutionnelle. Selon la Constitution américaine, seul le Congrès peut déclarer la guerre. Or Donald Trump n’aurait pas sollicité son autorisation préalable.
L’éditorial insiste sur ce point en rappelant que des élus des deux partis tentent désormais de réaffirmer l’autorité du législatif. À la Chambre des représentants, Ro Khanna et Thomas Massie ont déposé une résolution visant à empêcher toute guerre sans aval du Congrès. Au Sénat, Tim Kaine et Rand Paul soutiennent une démarche similaire.
Pour le quotidien, une affirmation claire des prérogatives parlementaires constitue la meilleure manière de poser des limites au pouvoir exécutif.
Des objectifs flous
Le journal reproche également au président des justifications « variables et parcellaires ». Donald Trump a évoqué tour à tour le soutien au peuple iranien et la nécessité d’empêcher Téhéran d’obtenir l’arme nucléaire.
Le comité éditorial estime toutefois que la prévention de la prolifération nucléaire pourrait, à certaines conditions, justifier une intervention militaire. Le régime iranien est décrit comme brutal et responsable de nombreuses violations des droits humains. Toutefois, le New York Times estime qu’un président responsable devrait présenter une argumentation claire, rechercher un consensus international et préparer l’opinion publique.
Or, selon le journal, Donald Trump exige « une confiance aveugle » sans l’avoir méritée.
Droit international et risque d’enlisement
L’éditorial accuse également le président de piétiner le droit national et international. L’usage de la force sans mandat clair du Congrès ni soutien multilatéral exposerait les États-Unis à des critiques juridiques et diplomatiques.
Autre interrogation majeure : l’objectif réel de l’opération. S’agit-il de freiner le programme nucléaire iranien ou de provoquer un changement de régime ?
Dans le premier cas, le journal redoute un cycle d’opérations répétées sur plusieurs années. Dans le second, il rappelle les précédents irakien et afghan, dont les tentatives de renversement ont conduit à des conflits prolongés et coûteux.
Une guerre traitée avec désinvolture
Le ton de l’éditorial est sans ambiguïté. S’il reconnaît que l’Iran représente une menace et que son affaiblissement récent pourrait modifier le calcul stratégique, le New York Times pourtant membre du FEM considère que le président agit sans plan cohérent et sans transparence.
« Nous regrettons que Trump ne considère pas la guerre comme l’affaire grave qu’elle est », conclut le comité éditorial.
Au moment où les frappes se poursuivent et où la région s’enfonce dans l’incertitude, le débat sur la légitimité, la stratégie et les objectifs de l’intervention américaine s’impose désormais au cœur de la vie politique américaine.
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