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Arthur Sulzberger, Jr. Photo : @Moody College of Communication

Epstein Files : Quand Jeffrey Epstein menaçait de faire tomber le boss du New York Times pour faire diversion

Depuis la publication massive des Epstein Files par le département américain de la Justice début 2026, un motif revient avec insistance dans certains cercles médiatiques et sur les réseaux sociaux : l’idée que Jeffrey Epstein aurait détenu un « secret sexuel » susceptible de faire tomber l’un des piliers de la presse américaine, la famille Sulzberger, propriétaire du New York Times, le journal membre du Forum économique mondial.

À l’origine de cette rumeur, une série d’emails datant de la fin de l’année 2017, dans lesquels Epstein plaisante explicitement sur l’idée d’« outter », Arthur Ochs « Pinch » Sulzberger Jr. présenté comme une « silver bullet » capable de « mettre fin à l’establishment ». Mais à l’examen des documents, le scénario apparaît bien plus flou et largement spéculatif.

Des emails ironiques mais jamais explicites

Les échanges concernés se déroulent principalement entre octobre et décembre 2017. Dans un premier message adressé à l’avocat Brad S. Karp, Epstein lance : « Et Sulzberger, ça serait drôle ? ».

Le lendemain, dans un échange avec le journaliste Michael Wolff, Epstein évoque un possible « outing » simultané de « Charlie » (en référence à Charlie Rose) et de « Pinch Sulzberger », qualifié de « silver bullet », Wolff répondant que cela signerait « la fin de l’establishment tel que nous le connaissons ».

À aucun moment, toutefois, Epstein ne précise la nature du prétendu scandale, ni n’apporte le moindre élément factuel permettant d’identifier un « secret » réel et vérifiable.

Une confusion persistante autour des Sulzberger

Une grande partie des interprétations actuelles repose sur une confusion familiale majeure. Les emails visent Arthur Ochs Sulzberger Jr., surnommé « Pinch », figure historique du New York Times, qui a dirigé le journal de 1992 à 2018.

Or, depuis 2018, c’est son neveu, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Arthur Gregg Sulzberger, né en 1980, qui est désormais éditeur du quotidien. Les documents Epstein ne mentionnent jamais Gregg Sulzberger, et rien n’indique que le « silver bullet » évoqué aurait visé le dirigeant actuel du journal.

Cette distinction est essentielle, d’autant que la retraite de Pinch Sulzberger Jr., intervenue début 2018, a été interprétée a posteriori comme suspecte, même si aucun élément dans les emails ne permet d’établir un lien de cause à effet.

Des relations anciennes mais sans révélations nouvelles

Jeffrey Epstein entretenait de longue date des relations avec des figures du monde médiatique et intellectuel new-yorkais, y compris dans l’entourage élargi de la famille Sulzberger, dès les années 1970. Toutefois, les Epstein Files ne contiennent aucune preuve d’un comportement illégal, d’un chantage documenté ou d’un dossier compromettant concernant Arthur Ochs Sulzberger Jr., et encore moins Arthur Gregg Sulzberger.

Un échange avec Landon Thomas Jr., journaliste financier du New York Times, montre qu’Epstein aimait entretenir une ambiguïté permanente, suggérant qu’il « savait des choses » sans jamais les formuler. Le 14 décembre 2017, Epstein écrit laconiquement « Sulzberger – told you », laissant entendre qu’une information interne ou sensible circulerait déjà, sans jamais la formuler explicitement.

Selon Wikileaks, « Epstein voulait révéler l’identité de cet éditeur politiquement intouchable comme une solution miracle pour détourner l’attention de lui-même, mais ce secret n’a jamais été dévoilé ».

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