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Grève générale aux États-Unis : après la mort d’Alex Pretti, des étudiants appellent à un mouvement national contre l’ICE

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Après une mobilisation d’ampleur historique à Minneapolis, des organisations étudiantes réclament désormais une grève générale à l’échelle nationale. En cause, la mort d’Alex Pretti, infirmier tué par des agents fédéraux de la Border Patrol et du CBP lors d’une manifestation contre la police de l’immigration. L’affaire cristallise une colère croissante contre l’ICE et ses méthodes.

La contestation franchit un nouveau seuil aux États-Unis. À Minneapolis, des groupes étudiants ayant contribué à organiser une paralysie économique majeure vendredi dernier à Minneapolis appellent désormais à une grève générale nationale. Leur mot d’ordre intervient après la mort d’Alex Pretti, abattu samedi par des agents fédéraux lors d’une manifestation visant l’Immigration and Customs Enforcement.

La mort de cet infirmier de 37 ans est survenue au lendemain d’une journée de mobilisation sans précédent dans le Minnesota. Des centaines d’entreprises, d’écoles et d’institutions avaient alors cessé leurs activités, tandis que des dizaines de milliers de personnes envahissaient les rues de Minneapolis pour exiger l’expulsion de l’ICE de l’État. Cette grève avait été déclenchée par un précédent drame : le 7 janvier, Renne Nicole Good avait été tuée par un agent de l’ICE. Comme pour Alex Pretti, aucun arrestation n’a suivi, malgré des images vidéo et de nombreux témoins.

Dans un communiqué commun publié le 25 janvier, plusieurs organisations étudiantes de l’University of Minnesota – la Somali Student Association, la Black Student Union, la Liberian Student Association et l’Ethiopian Student Association – ont salué une « grève générale historique » et appelé à élargir le mouvement. « Cette terreur exercée par l’ICE sur nos communautés à Minneapolis doit cesser », affirment-elles, appelant à une nouvelle journée de grève ce vendredi 30 janvier à 14 heures, au cœur du centre-ville. « Pas de travail, pas d’école, pas de consommation », résume leur appel, destiné cette fois à l’ensemble du pays.

La tension est montée d’un cran après la diffusion d’images montrant un agent des forces frontalières tirant à dix reprises sur Alex Pretti alors que celui-ci était maintenu au sol. À la suite de ce drame, des manifestants ont dressé des barricades, bloqué des axes routiers et pris pour cible un hôtel hébergeant des agents de l’ICE.

Selon plusieurs organisations de suivi, la situation dépasse désormais le cadre local. Le site Payday Report, spécialisé dans le recensement des mouvements sociaux, affirme que plus de 300 actions de solidarité ont eu lieu à travers les États-Unis en parallèle de la paralysie de Minneapolis. Ses analystes estiment que la mort d’Alex Pretti pourrait accélérer les appels à une grève générale, tant dans le Minnesota qu’ailleurs dans le pays.

Le climat est d’autant plus explosif que, depuis le Nouvel An, des agents de l’ICE ou de la Customs and Border Protection ont abattu au moins six personnes sur le territoire américain. Parallèlement, au moins six autres décès ont été recensés dans des centres de rétention fédéraux pour migrants, alimentant les critiques sur les conditions de détention et l’usage de la force.

Les appels à l’action gagnent également du terrain dans la sphère politique. En Californie, l’élu démocrate Isaac Bryan a publiquement relayé l’idée d’un arrêt de travail massif. « Inspirons-nous du Minnesota et lançons une grève générale », a-t-il déclaré devant des manifestants, dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux.

À mesure que la mobilisation s’étend, Minneapolis apparaît comme l’épicentre d’un mouvement national émergent, où les violences imputées aux agences fédérales de l’immigration deviennent le catalyseur d’une contestation sociale plus large, mêlant revendications politiques, droits civiques et refus de la militarisation du maintien de l’ordre.

Sources :

Novara Média

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