Interrogé ce mardi 27 janvier après l’entraînement des San Antonio Spurs, Victor Wembanyama a livré une prise de parole rare et puissante sur les violences imputées à la police américaine de l’immigration (ICE) à Minneapolis. Le pivot français dit son effroi face à l’actualité, tout en reconnaissant craindre les conséquences professionnelles et personnelles d’une critique trop frontale.
La vague d’indignation provoquée par les morts de Renée Good et d’Alex Pretti, tués lors d’interventions de la police fédérale de l’immigration à Minneapolis, continue de secouer les États-Unis. Au-delà du monde politique, la contestation gagne désormais le sport professionnel, et en particulier la NBA. Mardi, Victor Wembanyama est sorti de sa réserve.
Présent à l’entraînement des San Antonio Spurs, le jeune pivot français a accepté de répondre aux questions des journalistes. Malgré les conseils du service communication de sa franchise, il a choisi de s’exprimer sans détour. « Tous les jours, je me réveille, je regarde l’actualité, et je suis horrifié », a-t-il déclaré, dénonçant implicitement toute tentative de banalisation de la mort de civils. « Je trouve ça fou que certaines personnes puissent donner l’impression que le meurtre de civils puisse être acceptable », a-t-il ajouté.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible. Les agents de l’ICE sont critiqués depuis des mois par les opposants du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump mais les images de la mort d’Alex Pretti à Minneapolis ont provoqué une onde de choc nationale. Plusieurs manifestations ont éclaté, et de nombreuses voix, notamment dans la NBA, se sont élevées pour dénoncer des méthodes jugées violentes et disproportionnées.
Malgré son statut de star montante du basket mondial, Victor Wembanyama a toutefois reconnu ses limites. « Dire tout ce que j’ai en tête aurait un coût trop élevé pour moi à l’instant T », a-t-il confié, évoquant à demi-mot la crainte de sanctions ou de répercussions sur sa carrière. « Je suis aussi conscient que je suis un étranger et que je vis dans ce pays. Donc oui, je suis inquiet. »
Cette retenue assumée n’enlève rien à la portée de son message. À seulement 22 ans, celui qui s’apprête à devenir le premier joueur français titulaire lors d’un All-Star Game NBA se dit profondément marqué par la situation actuelle. « Quand je lis les infos, parfois je me pose des questions très profondes sur ma propre vie », a-t-il encore expliqué, soulignant le climat de malaise ressenti par une partie des sportifs étrangers évoluant aux États-Unis.
Wembanyama n’est pas le seul Français à avoir réagi. Avant lui, Guerschon Yabusele avait dénoncé publiquement les violences liées aux opérations de l’ICE. Interrogé à ce sujet, le pivot des Spurs a salué le courage de son compatriote. « Je suis toujours fier des gens qui s’expriment, quel que soit le sujet. Ça demande du courage, mais ça peut aussi avoir un prix », a-t-il rappelé, cité par L’Équipe.
Alors que la NBA a déjà été contrainte de reporter un match entre les Warriors et les Timberwolves après la mort d’un homme lors d’une confrontation avec des agents fédéraux à Minneapolis, la prise de parole de Victor Wembanyama illustre l’extension du débat bien au-delà du terrain sportif. Entre indignation morale et prudence stratégique, le prodige français met des mots sur un malaise grandissant au sein du sport américain face aux violences et aux dérives sécuritaires dénoncées par une partie de l’opinion.
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