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Laurent Wauquiez. Image : Capture d'écran ICI.

Mercosur : la région Auvergne-Rhône-Alpes annonce le boycott immédiat des produits issus de l’accord

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En réaction à la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, la région Auvergne-Rhône-Alpes a décidé de boycotter sans délai les produits concernés. Une mesure politique forte, portée par l’exécutif régional et soutenue par Laurent Wauquiez, au nom de la défense de l’agriculture et du modèle alimentaire français.

La rupture est nette et assumée. Une semaine après la signature, le 17 janvier, du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, la région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé mercredi le « boycott sans délai de tout produit issu du Mercosur ». Dans un communiqué, l’exécutif régional dénonce un accord « injuste et déséquilibré » qui « sacrifie l’agriculture française » et affirme refuser de s’y soumettre.

Concrètement, cette décision s’applique aux propres commandes de la collectivité, mais aussi à celles passées pour le compte d’environ 1 000 structures régionales via la centrale d’achat de la Région. Sont notamment concernés les cantines scolaires, les restaurants des lycées et la restauration en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, pour un volume annuel estimé à 50 millions d’euros. La collectivité entend ainsi exclure de ses approvisionnements toute viande et tout produit agricole provenant des pays signataires de l’accord.

L’exécutif régional revendique une démarche déjà engagée de longue date. Dans les lycées, la politique « La Région dans mon assiette, anti-gaspillage » vise désormais 80 % de produits régionaux dans la restauration scolaire. Le boycott du Mercosur s’inscrit, selon la Région, dans cette continuité, avec l’ambition affichée de protéger à la fois les agriculteurs locaux et les consommateurs.

Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la Région et ancien président de l’exécutif régional, a donné une portée politique explicite à cette annonce. « Il n’y aura pas de viande et de produit du Mercosur dans nos cantines et dans nos restaurations en Auvergne-Rhône-Alpes », a-t-il déclaré, affirmant refuser des produits issus de territoires qui ne respecteraient pas les normes sanitaires, environnementales et sociales exigées en France.

L’accord Mercosur, qui vise à créer l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, concerne un marché de plus de 700 millions de consommateurs. Il suscite toutefois une vive opposition dans plusieurs États membres, notamment dans le monde agricole, inquiet de la concurrence de productions sud-américaines jugées moins-disantes sur le plan réglementaire.

Mercredi, le Parlement européen a voté à une courte majorité en faveur de la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne afin de vérifier la légalité de l’accord. Dans le même temps, la Commission européenne a évoqué la possibilité d’une application provisoire du traité. Une perspective vivement critiquée en France, où le ministre des Affaires étrangères et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial,JeanNoël Barrot a réaffirmé l’opposition de Paris au texte au nom de la souveraineté alimentaire.

La décision de la région Auvergne-Rhône-Alpes marque ainsi une première à l’échelle territoriale. Elle pourrait ouvrir la voie à des initiatives similaires dans d’autres collectivités, alors que le débat sur le Mercosur continue de cristalliser les tensions entre ouverture commerciale et protection des filières agricoles européennes.

Sources :
Le Figaro, CNews.

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