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Jérôme Salomon. Photo : @Ministère de la Santé.

Jérôme Salomon : de la gestion du Covid à la start-up Zoï, un passage au privé qui interroge

Ancien directeur général de la Santé et figure centrale de la crise sanitaire, Jérôme Salomon a rejoint la start-up parisienne Zoï, spécialisée dans les check-up médicaux premium. Ce virage vers le privé, après un passage par l’Organisation mondiale de la santé, ravive le débat sur les liens entre haute fonction publique sanitaire et médecine lucrative. En toile de fond, des interrogations éthiques sur l’accès aux soins et le rôle des anciens décideurs publics.

De 2018 à 2023, Jérôme Salomon a incarné la Direction générale de la Santé au plus fort de la pandémie de Covid-19, devenant l’un des visages les plus exposés de la stratégie sanitaire française. Briefings quotidiens, arbitrages sous tension et décisions scrutées à la loupe ont rythmé ces années exceptionnelles. À l’issue de son mandat, il a rejoint Organisation mondiale de la santé en tant que sous-directeur général, prolongeant ainsi son engagement dans les politiques de santé publique à l’échelle internationale.

Début 2026, l’ancien haut fonctionnaire opère toutefois un virage notable en intégrant Zoï, une jeune pousse fondée en 2021 et positionnée sur un segment très haut de gamme de la médecine préventive. La start-up propose des bilans de santé dits « à 360 degrés », combinant imagerie médicale, analyses biologiques approfondies, exploration du microbiote et accompagnement personnalisé sur douze mois. Le tout est facturé plusieurs milliers d’euros, avec une offre phare autour de 3 600 euros, destinée à une clientèle aisée. Installée dans un centre situé entre l’Opéra et la place Vendôme, Zoï revendique une approche mêlant science des données et sciences comportementales pour anticiper les risques plutôt que soigner la maladie déclarée.

L’entreprise s’inscrit aussi dans un écosystème fortement connecté aux sphères économiques et politiques. Zoï a été cofondée par Ismaël Emelien, ancien conseiller spécial du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron, aux côtés de l’entrepreneur Paul Dupuy. Elle a levé environ 20 millions d’euros auprès d’investisseurs de premier plan, parmi lesquels le contributeur du FEM, Stéphane Bancel, ceo de Moderna, le groupe pharmaceutique membre du WEF, Xavier Niel, gendre de Bernard Arnault, patron du groupe LVMH membre du FEM ou Rodolphe Saadé, patron de CMA CGM, membre du FEM, renforçant son image de start-up solidement adossée à des réseaux d’influence.

Au sein de Zoï, Jérôme Salomon occupe le poste de chief medical and science officer. Sa mission affichée consiste à structurer la gouvernance médicale, garantir la solidité scientifique des protocoles proposés et accompagner l’expansion de l’entreprise, notamment par l’ouverture de nouveaux centres. La start-up met en avant son arrivée comme un gage de crédibilité et un levier pour promouvoir, à terme, une forme de démocratisation de la médecine préventive.

Ce recrutement n’est toutefois pas sans susciter des questions autour de possibles risques de conflits d’intérêts et une forme de brouillage entre intérêt général et offre privée lucrative, ainsi que sur les pratiques de dépistage parfois au-delà des recommandations médicales, susceptibles d’entraîner surdiagnostic et anxiété inutile. Cela pose également la question des inégalités d’accès à des bilans réservés à une minorité fortunée.

Sources :

  • Le Figaro, « Jérôme Salomon, ex-directeur de la Santé, rejoint la startup Zoï » (5 janvier 2026).
  • Egora, « L’ex-directeur général de la Santé rejoint la start-up qui facture des check-up à 3 600 euros » (5 janvier 2026).
  • Le Monde, « L’arrivée chez Zoï de Jérôme Salomon, ancien directeur général de la santé, relance le débat sur les start-up de santé » (18 janvier 2026).
  • Caducee.net, « Zoï recrute Jérôme Salomon : les check-ups premium relancent le débat sur le surdiagnostic » (14 janvier 2026).
  • Health & Tech / Healthandtech.eu, « L’ex-DGS Jérôme Salomon rejoint la société Zoï » (7 janvier 2026).
  • Maddyness, « Medtech : qu’est-ce que Zoī, la nouvelle startup d’Ismaël Emelien, ex-conseiller d’Emmanuel Macron ? » (2023).
  • Marianne, « Zoi, la start-up des copains de Macron qui surfe sur le bizness fumeux de la santé prédictive » (2 avril 2024).
  • Quantstreams / article « Santé : Zoī, cette start-up qui aide à vivre mieux plus longtemps » (2024).
  • L’Express, « Jérôme Salomon chez Zoï ou la déliquescence de l’intérêt général » (7 janvier 2026).

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