Un accord financier discret entre la famille Trump et un influent membre de la famille régnante d’Abou Dhabi soulève de lourdes interrogations éthiques à Washington. Selon une enquête de la presse américaine, cet investissement massif dans une société de cryptomonnaies aurait précédé l’accès des Émirats arabes unis à des technologies américaines jusque-là verrouillées.
Quatre jours seulement avant l’investiture du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, des représentants d’un pilier de la monarchie d’Abou Dhabi ont conclu un accord majeur avec la famille du futur président. D’après des révélations du The Wall Street Journal, près de la moitié du capital de World Liberty Financial, société de cryptomonnaies contrôlée par les Trump, a été cédée pour un montant de 500 millions de dollars. La transaction prévoyait un versement immédiat de la moitié de la somme, soit 187 millions de dollars, directement au bénéfice de structures liées à la famille présidentielle.
L’opération a été financée par le cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyane, conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis et frère du président émirati, Mohammed ben Zayed. La négociation a été menée côté américain par Eric Trump, deuxième fils du milliardaire, tandis que la famille de Steve Witkoff, cofondateur de World Liberty et émissaire spécial du président au Moyen-Orient, aurait également bénéficié de l’accord.
Quelques mois après cette prise de participation stratégique, Abou Dhabi obtenait un feu vert longtemps espéré. Les autorités américaines autorisaient l’exportation de semi-conducteurs de pointe vers les Émirats arabes unis, notamment au profit de G42, une entreprise d’intelligence artificielle appartenant au cheikh Tahnoun. Sous la présidence de Joe Biden, ces livraisons avaient été bloquées en raison de craintes liées à des transferts technologiques indirects vers la Chine, G42 ayant entretenu des relations passées avec le groupe Huawei , membre du FEM.
Ces révélations ont immédiatement ravivé le débat sur les conflits d’intérêts potentiels entourant les affaires de la famille Trump. Le The New York Times, qui confirme les informations du Wall Street Journal, souligne que les frontières entre intérêts privés et décisions gouvernementales apparaissent de plus en plus poreuses. Le quotidien rappelle qu’une autre entité contrôlée par le cheikh Tahnoun, MGX, membre du WEF avait déjà investi près de 2 milliards de dollars, l’an dernier, via une cryptomonnaie émise par World Liberty.
Si aucune preuve formelle n’établit à ce stade un lien de causalité direct entre ces investissements et la livraison des puces américaines, plusieurs spécialistes de la déontologie et élus démocrates du Congrès estiment que l’enchaînement des événements pose un problème majeur de transparence. Une zone grise où diplomatie, haute technologie et cryptofinance semblent s’entrelacer, au cœur même du pouvoir américain.
Sources :
Courrier international – 2 février 2026 – lien
The Wall Street Journal – enquête citée par Courrier international – https://www.wsj.com
The New York Times – article de confirmation – https://www.nytimes.com