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Borge Brende. Image : Capture d'écran chaine Youtube du WEF.

Davos 2026 : le Baromètre de la coopération mondiale révèle une coopération internationale plus fragmentée mais résiliente

Réuni à Davos ce mardi 20 janvier, le Forum économique mondial a présenté la troisième édition du Baromètre de la coopération mondiale 2026, élaboré en partenariat avec McKinsey & Company, sponsor stratégique du WEF. Malgré la montée des tensions géopolitiques, la fragmentation du commerce mondial et l’affaiblissement du multilatéralisme traditionnel, le rapport met en évidence une réalité plus nuancée : la coopération internationale ne disparaît pas, elle se transforme.

Les conclusions ont été exposées par Børge Brende, président-directeur général du Forum économique mondial, et Bob Sternfels, associé-gérant de McKinsey, lors d’une conférence de presse suivie par près de 60 journalistes issus de plus de 20 pays.

Une coopération mondiale en mutation, pas en déclin

Selon le Baromètre 2026, le monde traverse une phase d’incertitude historique, marquée par des conflits persistants, des rivalités stratégiques accrues et une multiplication des barrières commerciales. Pourtant, loin de s’effondrer, la coopération mondiale démontre une capacité d’adaptation notable.

« La coopération n’est pas à la fin de son cycle. Elle évolue », a insisté Børge Brende. Le rapport souligne l’émergence d’une coopération plus ciblée, fondée sur des intérêts communs, souvent portée par des coalitions restreintes, régionales ou thématiques. Ces formats plus flexibles prennent progressivement le relais des grands accords multilatéraux devenus difficiles à conclure.

Cinq piliers pour mesurer la coopération internationale

Le Baromètre de la coopération mondiale repose sur cinq grands axes d’analyse : les échanges commerciaux et les flux de capitaux ; l’innovation et les technologies ; le climat et la nature ; la santé et le bien-être ; la paix et la sécurité.

Les résultats sont contrastés. La coopération multilatérale classique recule fortement, avec une baisse de plus de 20 % en 2024, tandis que les indicateurs liés à la paix et à la sécurité atteignent des niveaux historiquement bas, notamment avec un record de 123 millions de personnes déplacées de force dans le monde.

Commerce et technologies : une coopération qui se réinvente

À l’inverse, certains domaines montrent une dynamique plus positive. Le commerce mondial a progressé de 2,4 % en 2024, non pas grâce aux accords multilatéraux, mais via une forte hausse des accords bilatéraux et régionaux. Le rapport met également en avant la montée en puissance de grands accords interrégionaux et du « friend-shoring », où les échanges se concentrent entre partenaires géopolitiquement alignés.

La technologie apparaît comme l’un des principaux moteurs de cette nouvelle coopération. Les flux de données atteignent des niveaux records et les investissements transfrontaliers dans l’intelligence artificielle et les technologies de pointe explosent. Bob Sternfels souligne que cette révolution technologique redessine profondément les chaînes de valeur mondiales et les modèles de croissance.

Santé et climat : des signaux encourageants

Dans le domaine de la santé, la coopération globale se maintient malgré le recul des financements publics transfrontaliers. Les investissements privés, notamment en provenance des États-Unis et de la Chine, compensent en grande partie cette baisse, permettant une relative stabilité du secteur.

Sur le climat, le Baromètre 2026 identifie plusieurs signaux positifs : les investissements dans le solaire ont dépassé ceux des trois années précédentes cumulées, tandis que les projets de captage du carbone atteignent un niveau record. Des avancées qui montrent que la coopération environnementale progresse encore, même dans un contexte géopolitique tendu.

Le « dialogue » comme condition clé de la coopération

Face à l’érosion des institutions multilatérales traditionnelles, le Forum économique mondial place le dialogue au cœur de sa stratégie. Le thème de Davos 2026, « l’esprit de dialogue », reflète cette conviction que la coopération commence par la capacité des acteurs à se parler, même sans accord préalable.

Pour Børge Brende, le dialogue n’est pas un luxe mais une nécessité, notamment face à des défis globaux comme les pandémies, la cybersécurité ou la pollution plastique. Bob Sternfels abonde dans ce sens en appelant à la création de nouveaux « aqueducs » de coopération, capables de relier des acteurs qui n’auraient pas naturellement travaillé ensemble.

Une coopération plus fragmentée mais indispensable

Le Baromètre de la coopération mondiale 2026 dresse ainsi le portrait d’un monde où la coopération internationale est moins centralisée, moins institutionnalisée, mais toujours indispensable. À l’image de l’eau, selon la métaphore reprise par les intervenants et qui occupe une place importanye lors de cette édition 2026, la coopération trouve de nouveaux chemins lorsqu’on tente de la bloquer.

Dans un contexte de fragmentation durable, le rapport invite États, entreprises et organisations internationales à repenser leurs modes d’action, à investir dans la résilience et à renforcer les espaces de dialogue. Car si la forme change, le besoin de coopération, lui, demeure plus vital que jamais.

Source : Chaine YouTube du Forum économique mondial

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