Un documentaire diffusé le 31 janvier sur Public Sénat révèle une part méconnue de l’histoire familiale de Raphaël Glucksmann. Son grand-père, Rubin Glucksmann, fut un agent du renseignement soviétique au service du Komintern et de l’URSS stalinienne.
La révélation a la force des héritages longtemps enfouis. À l’occasion de la diffusion du documentaire Les Glucksmann, une histoire de famille, le député européen Raphaël Glucksmann découvre que son grand-père paternel, Rubin Glucksmann, fut un agent du renseignement soviétique engagé au service de l’Union soviétique et du Komintern.
Né le 19 mai 1889 à Czernowitz, dans l’Empire austro-hongrois — aujourd’hui Tchernivtsi, en Ukraine — Rubin Glucksmann grandit dans une famille juive d’Europe centrale. Il sert dans l’armée austro-hongroise durant la Première Guerre mondiale, avant d’emprunter une trajectoire politique marquée par les bouleversements idéologiques du début du XXᵉ siècle. Dans les années 1920, il émigre en Palestine mandataire, d’abord attiré par le sionisme de gauche, puis adhère avec sa future épouse, Martha Bass, au Parti communiste palestinien.
À la fin de la décennie, Rubin Glucksmann est recruté par les services soviétiques sous l’autorité du Komintern, chargé de coordonner l’action communiste internationale. Installé à Hambourg avec sa famille, il opère sous couverture civile et travaille pour des structures liées à l’URSS, notamment la WOSTWAG, société écran impliquée dans des flux logistiques et industriels, parfois associés au trafic d’armes. Officiellement agent d’assurance, il bénéficie d’une liberté de déplacement qui lui permet de voyager à travers l’Europe centrale et jusqu’en Union soviétique.
L’arrivée des nazis au pouvoir en 1933 rend sa situation intenable. Rubin Glucksmann fuit alors l’Allemagne pour la France et s’installe à Boulogne-Billancourt, où il poursuit ses activités clandestines. Selon plusieurs sources historiques, il contribue à l’acheminement de matériel en soutien aux républicains espagnols durant la guerre civile de 1936, dans le cadre des réseaux communistes internationaux.
Le destin de cet agent de l’ombre bascule avec la Seconde Guerre mondiale. Arrêté à Londres par les autorités britanniques en raison de sa nationalité et de ses engagements politiques, il est de nouveau interpellé en 1940 pour suspicion d’espionnage. Interné, il est embarqué à bord du SS Arandora Star en vue d’une déportation vers le Canada. Le 2 juillet 1940, le navire est torpillé par un sous-marin allemand dans l’Atlantique. Rubin Glucksmann meurt en mer, à 51 ans.
Cet héritage contraste fortement avec le parcours de son fils, André Glucksmann. Devenu communiste dès l’adolescence, ce dernier rompt radicalement avec l’idéologie soviétique et s’impose comme l’une des grandes françaises de la dénonciation du totalitarisme, des camps et du stalinisme. Une rupture qui marquera durablement la pensée familiale.
Le documentaire diffusé par Public Sénat, réalisé par Steve Jourdin, met en regard ces trajectoires contradictoires. Au-delà du cas individuel, Les Glucksmann, une histoire de famille éclaire les fractures idéologiques du XXᵉ siècle et rappelle combien les engagements contemporains peuvent s’inscrire, dans des héritages complexes. D’autant plus que Raphaël Glucksamnn est le gendre du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ghassan Salamé, ce qui complique encore un peu plus le contexte familiale de l’eurodéputé qui était à la tête d’une commission européenne visant à lutter contre la désinformation.
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