Dans un entretien pour The Atlantic, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump durcit spectaculairement le ton à l’égard de la nouvelle dirigeante du Venezuela, Delcy Rodríguez, tout en relançant ses ambitions sur le Groenland. Des propos d’une rare brutalité, qui dessinent une doctrine étrangère fondée sur la contrainte et l’usage explicite de la puissance militaire.
Dans un entretien accordé à The Atlantic ce dimanche 4 janvier, le président américain a proféré des menaces directes contre Delcy Rodríguez, récemment reconnue par l’armée comme présidente intérimaire du Venezuela après la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis. Et, dans un même mouvement, il a élargi son champ de confrontation à un autre territoire stratégique : le Groenland.
La phrase, glaçante, résume l’esprit de l’entretien. Si Delcy Rodríguez refuse de se conformer aux exigences de Washington, elle pourrait subir un sort « probablement pire que celui de Maduro ». L’ancien chef de l’État vénézuélien, arrêté à l’issue d’une intervention militaire américaine à Caracas, est aujourd’hui détenu dans une prison de New York et s’apprête à être présenté devant un juge à New York. « Si elle ne fait pas ce qui est juste, elle va payer un très grand prix », a martelé Donald Trump, dénonçant ce qu’il décrit comme une « défiance » à l’égard de l’opération américaine par la nouvelle dirigeante chaviste.
Le ton tranche par sa franchise presque désinvolte. Arrivé à son club de West Palm Beach, en Floride, le président américain s’est affiché d’une humeur joviale, multipliant les déclarations provocatrices. À peine interrogé sur le Venezuela, il a aussitôt élargi la perspective stratégique. « Nous avons besoin du Groenland, absolument », a-t-il affirmé, évoquant l’île danoise comme un territoire encerclé par des navires russes et chinois, malgré son statut de membre de l’OTAN.
Cette rhétorique marque un virage idéologique assumé. Longtemps critique du « regime change » et du « nation building », honnis par une partie de sa base MAGA, Donald Trump balaie désormais ces réticences. « Reconstruire là-bas et changer de régime, appelez ça comme vous voulez, c’est mieux que ce que vous avez aujourd’hui. Ça ne peut pas être pire », a-t-il lâché, évoquant le Venezuela comme un État en ruine, « totalement en faillite ».
Ces propos contrastent avec ceux tenus la veille. Quelques heures après l’assaut américain sur Caracas et l’arrestation de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, le président américain s’était montré plus conciliant. Il avait alors laissé entendre que Delcy Rodríguez se disait prête, en privé, à coopérer avec Washington, évoquant même une direction « temporaire » du pays par les États-Unis.
Démenti immédiat de la principale intéressée. Delcy Rodríguez a publiquement rejeté toute forme de tutelle américaine, affirmant que le Venezuela était « prêt à défendre ses ressources naturelles » et réaffirmant la légitimité de Nicolas Maduro. « Nous ne serons plus jamais une colonie », a-t-elle déclaré.
Ce bras de fer ouvre la voie à un scénario d’enlisement. Une résistance prolongée du pouvoir chaviste pourrait entraîner un engagement militaire américain accru, voire une occupation durable. Une hypothèse que Donald Trump ne semble pas exclure. « Reconstruire n’est pas une mauvaise chose dans le cas du Venezuela », a-t-il insisté, assumant une vision brutale et décomplexée des rapports de force internationaux.
Sources :
The Atlantic – Le Point