“Une civilisation entière mourra ce soir, pour ne plus jamais renaître”, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social le 7 avril. La veille, il avait menacé de faire “ouvrir le putain de détroit d’Ormuz” sous peine d’un enfer promis aux Iraniens. Ces déclarations s’inscrivent dans une escalade oratoire engagée depuis plusieurs semaines, liée à la résistance du régime iranien face aux exigences de Washington. Frustré, le président américain a renoncé à toute retenue, abandonnant la gravité présidentielle pour un registre de menaces directes visant des populations civiles et des infrastructures. Plus de surmoi présidentiel, plus de distance calculée : selon Le Monde, Trump parle désormais sans filtre ni garde-fou institutionnel.
La question de la santé mentale franchit le seuil médiatique
Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche le 7 avril, un journaliste a directement questionné Trump sur les interrogations relatives à sa santé mentale. Le président a esquivé la question, se défendant sur le terrain commercial : “Je n’ai pas entendu ça, mais si c’est le cas, il va falloir qu’il y ait plus de personnes comme moi, parce que notre pays était abusé en matière de commerce depuis de nombreuses années.” La question a néanmoins franchi un seuil : posée publiquement lors d’une conférence de presse officielle à la Maison Blanche, elle signale que le débat sur l’équilibre psychologique du président américain n’est plus confiné aux cercles de l’opposition ou aux marges des réseaux sociaux. Plusieurs observateurs pointent une rhétorique coupée du réel et une propension à l’hyperbole qui dépasse les calculs supposés d’un négociateur aguerri.
Un ultimatum repoussé, une stratégie illisible
C’est la cinquième fois depuis début mars que Trump fixe une date butoir à l’Iran – et chaque fois, l’ultimatum est soit repoussé, soit contredit par une annonce contradictoire. Un cessez-le-feu de deux semaines a finalement été conclu entre les États-Unis et l’Iran, selon Le Monde. Cette volatilité alimente les inquiétudes des alliés américains et des analystes géopolitiques. Si certains commentateurs continuent d’y voir la marque d’un calcul délibéré pour déstabiliser l’adversaire, d’autres pointent une imprévisibilité structurelle potentiellement dangereuse pour la stabilité de toute la région. Entre les deux lectures, la frontière est ténue – et de plus en plus difficile à tenir.
L’escalade verbale de Donald Trump pose une question qui dépasse les frontières américaines : quand la rhétorique présidentielle franchit le seuil du génocidaire, comment les institutions, les alliés et la presse peuvent-ils répondre ? La question de la santé mentale des dirigeants n’est plus seulement une affaire médicale – elle est devenue un enjeu de sécurité collective.
Source : Le Monde – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/07/…