Trois jours après l’agression d’un garçon juif de 13 ans porte de la Chapelle à Paris, l’enquête prend un tournant inattendu. Le principal suspect interpellé a été remis en liberté et plusieurs éléments de la version initiale sont contestés par les images de vidéosurveillance. Le parquet de Paris évoque des incohérences et poursuit les investigations.
Les faits, survenus lundi soir avenue de la porte de la Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, avaient d’abord suscité une vive émotion. Un adolescent de 13 ans avait affirmé avoir été victime d’un racket accompagné de violences et de propos antisémites, les agresseurs ayant, selon lui, remarqué une kippa qu’il tenait à la main.
Une enquête avait été rapidement ouverte par le parquet de Paris et un suspect de 18 ans interpellé. Mais jeudi, le ministère public a annoncé sa remise en liberté. Les vérifications menées ont établi qu’il ne se trouvait pas sur les lieux au moment des faits. Sa mère a confirmé sa présence à son domicile, l’ami de la victime – qui pensait l’avoir reconnu lors d’une conversation vidéo – ne l’a finalement pas identifié formellement, et les vêtements du jeune homme ne correspondaient pas aux images captées par les caméras de surveillance.
Une version des faits remise en question
Au fil des auditions, la thèse du racket s’est également fragilisée. Entendu par les enquêteurs, l’adolescent a expliqué qu’il s’était rendu sur place pour vendre un blouson pour le compte d’un ami, alors en visioconférence avec lui. Selon sa première déclaration, les agresseurs se seraient emparés de la veste avant de le contraindre à les suivre.
Or, les images de vidéosurveillance montrent un groupe de quatre personnes discutant avec la victime, puis se dirigeant avec elle « sans contrainte apparente », le jeune garçon tenant lui-même le manteau, vers l’allée où les violences auraient eu lieu. Ce décalage entre les déclarations et les images a conduit les enquêteurs à reconsidérer certains aspects du dossier.
Un couteau et une vidéo Snapchat
Autre élément troublant : l’adolescent a reconnu être en possession d’un couteau au moment des faits, affirmant que ses agresseurs en avaient utilisé un autre contre lui. L’exploitation de son téléphone portable a révélé qu’après s’être réfugié dans une synagogue, il avait publié une vidéo sur Snapchat. Dans cette séquence, il apparaît avec un filtre lui ajoutant une cagoule et exhibe un couteau, déclarant avoir « désarmé » ses agresseurs.
Ces éléments complexifient la lecture initiale de l’événement. À ce stade, le parquet de Paris précise que les investigations se poursuivent afin d’identifier formellement les auteurs des violences et d’établir précisément le déroulé des faits.
L’affaire, qui avait d’abord été présentée comme une agression antisémite caractérisée, se trouve désormais au cœur d’une enquête plus large visant à déterminer les responsabilités exactes et les circonstances réelles de l’altercation.
Sources :
Le Parisien – Enfant juif agressé à Paris : suspect relâché, ce que l’on sait de l’enquête – 12 février 2026 – lien