Face à la dégradation des relations transatlantiques et à l’imprévisibilité du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, des économistes allemands appellent à rapatrier l’or conservé outre-Atlantique. Environ 164 milliards d’euros de réserves allemandes sont actuellement stockés à New York. La Bundesbank, pour l’heure, écarte toute remise en cause de sa stratégie.
La question, longtemps jugée théorique, s’invite désormais au cœur du débat économique allemand. « L’or allemand est-il toujours en sécurité aux États-Unis ? », s’interroge la Tagesschau, alors que plusieurs économistes plaident pour un rapatriement des réserves d’or conservées outre-Atlantique. En toile de fond, l’« imprévisibilité » du président américain Donald Trump et une relation transatlantique jugée de plus en plus fragile.
Selon le The Guardian, l’Allemagne détient les deuxièmes plus importantes réserves d’or au monde, derrière les États-Unis. Une part significative de ce stock, estimée à environ 164 milliards d’euros, est entreposée à New York, principalement dans les coffres de la Réserve fédérale. Un héritage de la guerre froide, lorsque conserver l’or à l’étranger répondait à des impératifs de sécurité et de liquidité.
Pour Emanuel Mönch, ancien directeur de la recherche à la Bundesbank, cette stratégie comporte désormais des risques. Dans les colonnes du journal économique Handelsblatt, il estime que « dans l’intérêt d’une plus grande indépendance stratégique vis-à-vis des États-Unis », la banque centrale allemande devrait envisager le rapatriement de ses lingots. Une position partagée par plusieurs experts, qui soulignent l’évolution du contexte politique américain.
L’or reste traditionnellement perçu comme une valeur refuge, reposant sur la confiance mutuelle entre banques centrales. Or, cette confiance serait fragilisée par les pressions politiques exercées, selon eux, sur la Réserve fédérale. Ces derniers mois, Donald Trump a multiplié les attaques verbales contre l’institution, accusée de nuire à sa politique économique par son indépendance.
Pour l’expert en métaux précieux Wolfgang Wrzesniok-Roßbach, le danger n’est pas immédiat mais réside dans un changement brutal de doctrine. « Les réserves d’or sont actuellement en sécurité aux États-Unis. Mais il se pourrait que demain le gouvernement américain déclare soudainement : “nous conservons les réserves d’or en gage” », avertit-il. Une hypothèse extrême, mais révélatrice d’un climat de méfiance croissant.
Même constat du côté de Ulrike Neyer, professeure d’économie à l’université de Düsseldorf, qui affirme dans le Rheinische Post que « sous l’administration Trump, les États-Unis ne sont plus un partenaire fiable ». Une affirmation lourde de sens dans un pays où la stabilité monétaire demeure un pilier du consensus politique.
Malgré ces appels répétés, la Bundesbank reste inflexible. Citée par la Tagesschau, l’institution affirme que « le transfert des réserves d’or allemandes des États-Unis n’est pas à l’étude ». Une position prudente, qui tranche avec la montée des inquiétudes exprimées par une partie du monde académique et financier, et qui laisse ouverte la question de la souveraineté monétaire allemande à l’ère des tensions géopolitiques.
Sources :
Courrier international – 25 janvier 2026 – lien