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OMS : l’Assemblée mondiale de la santé 2026 face au défi de la refonte du système sanitaire mondial

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L’Organisation mondiale de la santé réunira du 18 au 23 mai 2026 à Genève la 79e Assemblée mondiale de la santé. Dans un contexte de tensions budgétaires internationales et de recomposition de la gouvernance sanitaire, les États membres devront trancher sur plusieurs dossiers stratégiques majeurs, allant de la lutte contre la tuberculose à la réforme du système mondial de santé. L’événement s’annonce comme un rendez-vous décisif pour l’avenir de la coopération internationale en matière de santé publique.

La 79e Assemblée mondiale de la santé, organisée par l’Organisation mondiale de la santé à Genève du 18 au 23 mai 2026, intervient dans une période charnière pour les politiques sanitaires internationales. Fragilisés par des contraintes financières persistantes, les États membres sont appelés à redéfinir les priorités d’un système mondial de santé encore marqué par les séquelles de la pandémie de COVID-19 et par l’accélération des crises sanitaires transfrontalières.

Au cœur des débats figure la question sensible de la réforme de l’architecture sanitaire mondiale. Les délégations devront décider de l’ouverture d’un nouveau processus conduit par les États membres afin de réorganiser le système de gouvernance de la santé mondiale. L’objectif affiché est d’améliorer la coordination entre les différents acteurs internationaux tout en alignant davantage les politiques sanitaires sur les réformes engagées au sein des Nations unies. Une manière, aussi, de répondre aux critiques récurrentes concernant la fragmentation des réponses internationales face aux urgences sanitaires.

Cette édition de l’Assemblée mondiale de la santé sera également marquée par l’examen de plusieurs cadres stratégiques de grande ampleur. Les pays membres devront notamment se prononcer sur la stratégie post-2030 contre la tuberculose, sur la nouvelle approche économique de la santé portée par l’OMS, ainsi que sur le plan d’action mondial contre la résistance aux antimicrobiens. Cette dernière est désormais considérée comme l’une des principales menaces sanitaires du XXIe siècle, susceptible de provoquer des millions de décès supplémentaires dans les prochaines décennies si aucune réponse coordonnée n’est renforcée.

Les discussions aborderont aussi des enjeux médicaux plus spécialisés mais stratégiques, comme le développement de la médecine de précision, le renforcement de la pharmacovigilance intelligente ou encore la réduction du poids des accidents vasculaires cérébraux. Les troubles hémorragiques, notamment l’hémophilie, feront également partie des sujets inscrits à l’agenda. Dans le même temps, les États examineront le renforcement du Code mondial de pratique de l’OMS sur le recrutement international des personnels de santé, alors que de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire dénoncent une fuite croissante de leurs professionnels de santé vers les économies les plus riches.

L’OMS souhaite par ailleurs poursuivre les travaux liés à la préparation et à la gestion des urgences sanitaires internationales. Les États membres analyseront ainsi la mise en œuvre du Règlement sanitaire international de 2005, texte central dans la gestion des pandémies et des alertes sanitaires mondiales. Le fonctionnement du programme d’urgence sanitaire de l’OMS fera également l’objet d’évaluations, avec un accent particulier sur les enseignements tirés de la crise du COVID-19.

Sur le terrain budgétaire, les négociations s’annoncent particulièrement sensibles. Les États devront examiner le rapport de résultats 2024-2025 ainsi que le financement du budget programme 2026-2027. Les questions relatives aux contributions financières des États membres et à la capacité de l’organisation à maintenir ses missions dans un contexte économique tendu pourraient donner lieu à des échanges musclés, loin des discours diplomatiques policés qui dominent généralement ce type de sommet.

La cérémonie d’ouverture du 18 mai réunira plusieurs figures majeures de la santé mondiale, dont le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les discussions générales se dérouleront sous le thème « Repenser la santé mondiale : une responsabilité partagée », un slogan qui résume l’ambition politique de cette édition : redéfinir collectivement les responsabilités des États face aux défis sanitaires mondiaux.

Plusieurs événements stratégiques viendront rythmer la semaine genevoise. Trois tables rondes traiteront notamment de l’évolution du programme d’urgence sanitaire de l’OMS après la pandémie, des réponses intégrées aux maladies non transmissibles et à la santé mentale, ainsi que de la lutte contre la désinformation sanitaire. Un sujet devenu central dans les politiques publiques depuis l’explosion des fausses informations médicales sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, selon l’OMS.

En marge des travaux institutionnels, l’événement populaire « Walk the Talk Geneva 2026 » sera organisé le 17 mai sur la Place des Nations à Genève, avec une ouverture au grand public. Plusieurs prix internationaux de santé publique seront également remis au cours de l’Assemblée, parmi lesquels le prix Sasakawa pour la santé, le prix de la Fondation des Émirats arabes unis pour la santé ou encore le Nelson Mandela Award for Health Promotion.

Avec près de 70 points inscrits à l’ordre du jour, cette 79e Assemblée mondiale de la santé apparaît comme l’un des rendez-vous diplomatiques majeurs de l’année dans le domaine sanitaire, mais pas seulement. L’OMS estime que dans un monde traversé par les crises géopolitiques, les tensions économiques et les défis climatiques, les décisions prises à Genève pourraient durablement orienter les politiques de santé publique internationales pour les prochaines années.

Sources :
Organisation mondiale de la santé (OMS) – Communiqué officiel WHA79 du 14 mai 2026

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