L’Espagne a coordonné ce dimanche 10 mai une vaste opération internationale de débarquement sanitaire à Tenerife, après l’arrivée d’un navire transportant des passagers potentiellement exposés à un virus surveillé par l’Organisation mondiale de la santé. Entourée de représentants internationaux et du directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus , la ministre espagnole de la Santé s’est felicitée de ce dispositif “sans précédent”, mobilisant plus de vingt pays et des protocoles de sécurité renforcés, même si elle a rappelé qu’un exercice grandeur nature avait été organisé dès le 14 avril à Palma, afin d’anticiper l’arrivée éventuelle d’un navire confronté à une situation épidémiologique complexe.
L’opération sanitaire menée ce dimanche matin dans le port de Tenerife marque une nouvelle étape dans la gestion internationale des crises épidémiologiques. Dès 6h30, le navire concerné est arrivé aux Canaries sous haute surveillance, déclenchant un dispositif coordonné entre les autorités espagnoles, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs États étrangers chargés du rapatriement de leurs ressortissants.
À partir de 9h30, les premiers passagers espagnols ont commencé à débarquer avant d’être transférés vers Madrid dans des conditions sanitaires strictement encadrées. Selon les autorités, tous les passagers étaient asymptomatiques au moment du débarquement. Après les ressortissants espagnols, les opérations de transfert devaient se poursuivre avec les citoyens français, canadiens, américains, britanniques, turcs et irlandais.
Lors d’une conférence de presse organisée ce matin, la ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez a insisté à plusieurs reprises sur le caractère exceptionnel de cette opération logistique et sanitaire, impliquant “23 pays” et des protocoles préparés depuis plusieurs semaines.
« Je veux dire une chose, c’est que ces protocoles et ces opérations n’ont pas été improvisées. Il y a un mois, le 14 avril, nous avons fait un simulacre à Palma pour, si jamais un bateau venait avec un type de maladie […] », a-t-elle déclarée.
Dans sa courte intervention, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué la coordination espagnole et le soutien européen déployé autour de l’opération. Il a estimé que “tout se déroulait comme prévu”, tout en soulignant la coopération étroite entre les autorités sanitaires internationales et les équipes présentes à Tenerife.
L’intervention la plus détaillée est ensuite venue d’un représentant du gouvernement espagnol chargé de la coordination territoriale — le ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres. Celui-ci a défendu la gestion de crise mise en place par Madrid et insisté sur “l’absolue sécurité épidémiologique” du dispositif.
Les autorités ont notamment précisé que les passagers étaient transférés directement du navire vers les avions sans contact avec la population locale. Des autobus sécurisés et des unités militaires ont été mobilisés pour assurer les déplacements jusqu’aux appareils affrétés spécialement pour les rapatriements. Les vols utilisés n’étaient pas commerciaux, mais des appareils charter ou militaires selon les pays concernés.
À Madrid, les passagers espagnols devaient ensuite être transférés vers l’hôpital militaire Gómez Ulla afin d’y observer une quarantaine et d’y subir des tests PCR. Les autorités sanitaires espagnoles ont expliqué que les examens seraient répétés sept jours plus tard conformément au protocole établi par la commission nationale de santé publique.
Face aux journalistes, la ministre de la Santé a tenté de contenir les polémiques apparues ces derniers jours autour de l’accueil du navire aux Canaries. Interrogée sur les tensions avec le président des Canaries, Fernando Clavijo, elle a refusé d’alimenter le débat politique, affirmant que “l’alarmisme” et la “désinformation” allaient “à l’encontre des principes de santé publique”.
La responsable espagnole a au contraire mis en avant la solidarité de la population canarienne et le soutien des autorités locales, tout en affirmant que les opérations étaient menées “sans aucun risque” pour les habitants de Tenerife. Elle a également évoqué un message de reconnaissance adressé par le pape envers les habitants de l’île pour leur accueil du navire.
Au cours des échanges avec la presse américaine, Tedros Adhanom Ghebreyesus a voulu rassurer les populations inquiètes, notamment aux États-Unis où plusieurs passagers devaient être rapatriés dans la journée. “Ce n’est pas un nouveau Covid”, a-t-il martelé, ajoutant que “le risque pour le public reste faible”. Le directeur général de l’OMS a rappelé que le virus concerné était déjà connu des scientifiques et que des études existaient depuis plusieurs années sur son comportement.
Selon lui, les autorités américaines, notamment les équipes sanitaires d’Atlanta, étaient pleinement impliquées dans le suivi des passagers et disposaient déjà de plans de gestion adaptés. L’OMS a également justifié le choix de Tenerife en raison des capacités sanitaires de l’île et de sa conformité au Règlement sanitaire international.
La conférence s’est achevée par la communication des premiers chiffres concernant les passagers rapatriés : 14 personnes vers Madrid, 5 vers la France et 4 vers le Canada, tandis que d’autres vols devaient suivre pour plusieurs nationalités européennes et nord-américaines.
Cette opération internationale, présentée comme inédite par Madrid et l’OMS, bien que s’appuyant sur un exercice, intervient dans un contexte de vigilance accrue autour des maladies infectieuses émergentes. À noter que les Epsteins Files ont révélé que Bill Gates et Jeffrey Epstein avait échangé sur un exercice organisé par l’OMS juste avant la pandémie de Covid.
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