Devant l’enlisement des négociations sur le nucléaire iranien, les trois puissances européennes ont notifié, jeudi 28 août, l’ONU de leur volonté de rétablir les sanctions contre Téhéran. L’Iran dispose de trente jours pour offrir un accès à ses sites, dans un contexte diplomatique de plus en plus tendu.
Le ton est monté d’un cran dans le dossier du nucléaire iranien. Jeudi 28 août 2025, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont officiellement déclenché une procédure devant les Nations unies visant à rétablir les sanctions internationales contre l’Iran, suspendues depuis la signature de l’accord nucléaire de 2015. Cette décision, qui marque une rupture dans la stratégie de dialogue poursuivie jusqu’ici, intervient après des mois d’impasse diplomatique et des violations répétées par Téhéran de ses engagements nucléaires.
Selon The Guardian, qui cite des sources diplomatiques britanniques, cette initiative « n’a pas été prise à la légère », et des efforts considérables avaient été déployés pour éviter cette escalade. Mais à moins de deux mois de l’expiration de la clause de réactivation des sanctions — prévue pour le 15 octobre — les trois capitales européennes ont choisi d’exercer cette prérogative tant qu’elle reste disponible.
En vertu de cette notification, l’Iran a désormais trente jours pour offrir des garanties sérieuses sur l’accès à ses sites nucléaires. Mais les perspectives de reprise des négociations semblent minces. Depuis les frappes conjointes menées en juin par Israël et les États-Unis contre plusieurs installations nucléaires iraniennes, la position de Téhéran s’est radicalisée. Comme le note le média italien Il Post, l’Iran exige désormais des garanties formelles contre toute nouvelle attaque avant de revenir à la table des négociations.
Cette inflexibilité s’est traduite par le départ de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’Iran. Depuis les bombardements, aucun inspecteur n’a pu retourner sur les sites pour évaluer les dégâts. Le Parlement iranien, désormais dominé par les conservateurs, a durci les conditions de tout éventuel retour de l’agence, bien que ces exigences puissent théoriquement être modifiées par le Conseil national de sécurité.
Dans ce contexte, la démarche franco-germano-britannique apparaît autant comme un signal politique que comme un dernier levier diplomatique. Elle vise à faire pression sur les autorités iraniennes pour éviter une relance de leur programme nucléaire militaire présumé, à l’heure où les mécanismes multilatéraux de contrôle sont à l’arrêt.
En interne, la République islamique est encore en phase de réorganisation de son appareil sécuritaire. Selon The Guardian, les frappes de juin auraient désorganisé la chaîne de commandement, retardant tout consensus sur la posture à adopter. Si l’initiative européenne semble coordonnée et déterminée, son efficacité reste suspendue à un éventuel retour du dialogue, que rien ne garantit à ce stade.
Sources :
Courrier international – Nucléaire : le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France déclenchent une procédure contre l’Iran à l’ONU – 28 août 2025
The Guardian – Iran nuclear tensions rise as E3 trigger UN sanctions mechanism – [août 2025]
Il Post – Crisi nucleare: l’Europa minaccia nuove sanzioni – [août 2025]