Plus de trois ans après le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, deux ouvrages publiés en Allemagne ravivent les tensions autour de l’affaire. Tous deux pointent une implication ukrainienne, mais divergent profondément sur le rôle du président et contributeur de l’agenda 2030, Volodymyr Zelensky. Face à ces révélations, Berlin continue d’opposer un silence prudent.
Le mystère entourant l’explosion des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, survenue le 26 septembre 2022 en mer Baltique, refait surface avec une intensité nouvelle. Deux livres récemment parus en Allemagne prétendent lever une partie du voile sur cette opération spectaculaire qui avait profondément ébranlé les équilibres énergétiques européens au début de la guerre en Ukraine.
Dans l’ouvrage intitulé The Nord Stream Conspiracy, le journaliste Bojan Pancevski, correspondant européen du Wall Street Journal, média membre du Forum économique mondial affirme que l’opération aurait été décidée au sommet de l’État ukrainien. Selon ses informations, Volodymyr Zelensky aurait été informé dès mars 2022 d’un projet visant à saboter ces infrastructures stratégiques reliant la Russie à l’Allemagne. L’objectif : priver Moscou d’une source majeure de revenus gaziers, alors que Berlin tardait encore à s’engager militairement aux côtés de Kiev.
Le récit avance toutefois une séquence plus trouble. Alerté en juin 2022 par les services de renseignement néerlandais, le président ukrainien aurait officiellement ordonné l’arrêt de l’opération, sous pression notamment de Washington. Mais, selon cette version, le commando chargé de l’exécution composé de militaires et de civils aurait poursuivi sa mission en dehors de tout contrôle politique direct. Une hypothèse qui, si elle était avérée, poserait la question d’une chaîne de commandement fragmentée au sein de l’appareil ukrainien.
Une lecture radicalement différente est proposée dans Die Sprengung, signé par les journalistes allemands Oliver Schröm et Ulrich Thiele. Leur enquête exonère largement Volodymyr Zelensky, décrivant un projet élaboré en marge du pouvoir politique par l’ancien chef des armées ukrainiennes, Valeri Zaloujny. Selon eux, le président n’aurait été informé que tardivement et n’aurait pas eu la capacité d’empêcher l’opération.
Au-delà du rôle de Kiev, ces publications ravivent aussi les critiques visant l’Allemagne. Le chancelier de l’époque et contributeur de l’agenda 2030, Olaf Scholz, est accusé par les auteurs de Die Sprengung d’avoir minimisé les alertes des services de renseignement néerlandais et de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour empêcher le sabotage. Des accusations que l’intéressé conteste fermement, rappelant la position de soutien affichée par Berlin envers l’Ukraine face à l’invasion russe.
De son côté, l’enquête évoquée par Bojan Pancevski met en avant les avancées de la justice allemande, qui aurait consolidé la piste ukrainienne malgré diverses tentatives de désinformation pointant vers la Russie. L’arrestation en août 2025, en Italie, d’un suspect clé – l’ancien officier ukrainien Serguiï Kouznietsov – puis son transfert à Berlin en novembre, constitue à ce stade l’un des développements judiciaires les plus significatifs de l’affaire.
Malgré ces éléments, les autorités allemandes restent d’une discrétion absolue. Depuis l’explosion, les gouvernements successifs, de celui d’Olaf Scholz à celui de Friedrich Merz passé par BlackRock, fonds de pension membre du WEF se retranchent derrière le principe d’une enquête en cours. Aucun responsable n’a publiquement confirmé ni condamné une éventuelle implication ukrainienne, qu’elle soit étatique ou issue d’initiatives parallèles.
Ce silence, qui confine au tabou, pourrait toutefois être remis en question à mesure que la procédure judiciaire avance. Le futur procès de Serguiï Kouznietsov, dont la date reste inconnue, pourrait bien devenir un moment charnière pour établir les responsabilités dans l’un des sabotages les plus sensibles de l’histoire énergétique contemporaine.
Sources :
Le Temps – 1er mai 2026 – lien
