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Michel Thiolliere. Image : Capture d'écran Chaine Youtube Radio Gaga 42.

Michel Thiollière sur Radio Gaga 42 : Élections, métropolisation et avenir de Saint-Étienne

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Dans une interview exclusive réalisée par nos amis Patrick Françon et Gilles Charles sur la chaîne YouTube Radio Gaga 42, l’ancien maire et sénateur Michel Thiollière partage son analyse de la situation politique locale et nationale. Auteur d’un ouvrage récent sur le travail de maire, il apporte un regard éclairé sur les défis démocratiques actuels, la gestion de la métropole stéphanoise et les enjeux de la diplomatie locale.

Lors des récentes élections municipales, un électeur sur deux seulement s’est déplacé aux urnes à Saint-Étienne, un phénomène de désintérêt pour la vie publique qui inquiète l’ancien édile. Michel Thiollière souligne que la prolifération des communes n’ayant pu présenter qu’une seule liste, voire aucune, témoigne d’une baisse de motivation alarmante des citoyens pour s’investir dans la vie locale.

Cet essoufflement s’explique, selon lui, par les sacrifices qu’exige la fonction, mais aussi par la montée des violences envers les élus. Michel Thiollière cite avec émotion le cas du maire de Saint-Romain-les-Atheux, l’un de ses anciens élèves, agressé par un habitant. Selon lui, la haine décomplexée et anonyme sur les réseaux sociaux se propage dans la vie réelle, donnant une image “désastreuse” de la démocratie et décourageant les bonnes volontés.

Les Métropoles : Nouveaux centres du pouvoir local

Face aux 35 000 communes françaises, l’ancien maire constate une montée en puissance inéluctable des intercommunalités et des métropoles. Il envisage un avenir où les compétences stratégiques seront exclusivement gérées au niveau de l’agglomération, reléguant les maires des plus petites communes à un rôle de “maires délégués” gérant le quotidien.

S’appuyant sur l’exemple du Rhône, où la Métropole de Lyon a fusionné avec le département sur son territoire urbain, il note que les départements perdent peu à peu de leur influence au profit des métropoles. Les budgets départementaux étant majoritairement absorbés par l’action sociale imposée par l’État (comme le RSA ou le handicap), ce sont désormais les métropoles qui portent les investissements de développement à long terme. Dans ce contexte, la gouvernance de la métropole doit rester transpartisane, un esprit de consensus indispensable pour faire aboutir des projets ambitieux, à l’image de la création du Zénith ou de la Cité du Design sous son propre mandat.

Politique stéphanoise : Division à droite et implantation du RN

Revenant sur la politique à Saint-Étienne, Michel Thiollière explique son récent engagement au sein du comité de soutien de la liste de Dino Cinieri, motivé par sa fidélité aux valeurs de la droite républicaine et du centre. Il analyse la victoire de la gauche comme le résultat direct d’une “division catastrophique” de la droite et du centre qui a multiplié les listes concurrentes.

Il avertit également sur l’implantation locale de plus en plus forte du Rassemblement National (RN). Le parti présente aujourd’hui des candidats perçus comme “plus sérieux” et s’inscrit dans une stratégie de long terme, avec en ligne de mire les élections présidentielles et législatives. Il salue par ailleurs la volonté de la nouvelle municipalité de gauche d’apaiser le débat public local et de rassembler les anciens maires de la ville.

La question de la rupture du jumelage avec une ville israélienne

L’interview aborde enfin la question très sensible de la coopération décentralisée. Face à la volonté de la nouvelle équipe municipale de rompre le jumelage avec une ville israélienne, Michel Thiollière exprime son profond désaccord avec Régis Juanico. À l’origine d’une loi sur le sujet lorsqu’il était sénateur, il rappelle un principe fondamental : “Une ville n’est pas responsable de ce que fait son gouvernement”.

Qu’il s’agisse d’Israël (où se côtoient populations juives, arabes et chrétiennes), des États-Unis ou de l’Algérie, l’ancien maire insiste sur le fait que couper les ponts pénalise en premier lieu des populations qui souffrent déjà de l’instabilité politique. Fort de ses propres déplacements en Palestine, à Gaza ou au Liban, il appelle à ne pas abandonner les habitants de ces villes jumelées, une position de “bon sens”, selon lui, partagée également par son successeur, l’ancien maire Maurice Vincent.

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