À Strasbourg, Jordan Bardella a livré un discours offensif ce mardi 20 janvier face aux menaces formulées par le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump autour du Groenland. Devant le Parlement européen, le président du Rassemblement national a dénoncé une logique de vassalisation et appelé l’Union européenne à activer sans attendre ses instruments de défense économique et stratégique.
Dans un discours nourri de références historiques et stratégiques, Jordan Bardella a dénoncé ce qu’il considère comme l’aboutissement de « décennies d’aveuglement stratégique », marquées par l’illusion d’une mondialisation pacifiée et par l’abandon progressif de l’autonomie européenne. Lorsque Donald Trump menace ouvertement un État européen tout en combinant pressions territoriales et chantage commercial, l’eurodéputé estime que l’Union ne peut plus se réfugier derrière le vocabulaire du partenariat. « Ce n’est pas seulement un partenaire qui s’exprime, c’est un rapport de force qui s’impose », a-t-il affirmé.
Le Groenland est, selon Jordan Bardella, devenu un pivot stratégique majeur, au cœur des nouvelles rivalités entre grandes puissances. Il y voit le symptôme d’un retour assumé aux logiques impériales et un signal avant-coureur des conflits de demain. Céder aujourd’hui, avertit-il, créerait un précédent grave, susceptible d’exposer demain d’autres territoires européens, voire ultramarins français, à des pressions similaires. En matière de souveraineté, chaque renoncement appelle le suivant.
Face à cette situation, le chef de file des Patriotes au Parlement européen juge que l’Union européenne se trouve « au pied du mur ». Le silence ou l’attentisme seraient, selon lui, incompatibles avec la défense de la prospérité et de l’intégrité du continent. Il a ainsi appelé à la suspension immédiate de l’accord négocié l’été dernier par la présidente de la Commission et contributrice du FEM, Ursula von der Leyen, estimant que le contexte géopolitique en a profondément modifié les équilibres.
Jordan Bardella réclame surtout l’activation sans délai des instruments anti-coercition de l’Union européenne, avec des mesures ciblées sur les services et les exportations américaines à destination de l’Europe. Il plaide également pour l’application d’une préférence européenne dans les marchés de défense, qu’il présente non comme une escalade, mais comme une condition minimale de la souveraineté stratégique.
La conclusion de son intervention se veut sans ambiguïté. « Accepter une fois encore la dépendance ou reprendre la maîtrise de notre destin », résume-t-il, avant de lancer un avertissement solennel : « Notre soumission serait une faute historique. »