Une élue lyonnaise a été condamnée dans une affaire mêlant fonctions hospitalières et intérêts privés. Reconnaissant les faits dans le cadre d’une procédure de plaider coupable, elle écope d’une peine avec sursis, sur fond de manquements dans la gestion d’équipements médicaux au sein des Hospices civils de Lyon.
La justice a condamné Carole Burillon, conseillère métropolitaine du groupe Grand Cœur lyonnais, à six mois d’emprisonnement avec sursis et 5 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts. Cette décision, rendue dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité, concerne des faits remontant à octobre 2022.
À l’époque, l’intéressée occupait également des fonctions de cheffe de service au sein des Hospices Civils de Lyon. Un rapport de la chambre régionale des comptes avait alors mis en lumière un dispositif de partage d’équipements d’ophtalmologie entre l’hôpital Édouard-Herriot et la société Lyon Lasik.
Le dossier révèle un conflit d’intérêts impliquant directement la praticienne et son époux, Philippe Leynaud, co-dirigeant de l’entreprise bénéficiaire de ces équipements. Selon les éléments relevés, les dispositifs auraient été attribués sans mise en concurrence, tandis que les instances internes censées encadrer ces décisions ne se seraient jamais réunies.
Le manque à gagner pour les Hospices civils de Lyon est estimé à près de 488 000 euros par les magistrats financiers.
Une peine sans inéligibilité et des responsabilités partagées
Alertée par ces éléments, l’association Anticor avait saisi le parquet de Lyon, entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire. À l’issue de la procédure, les deux époux ont été reconnus coupables : Carole Burillon pour prise illégale d’intérêts, et Philippe Leynaud pour recel de ce même délit. Ce dernier a été condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis et 5 000 euros d’amende.
Fait notable, aucune peine d’inéligibilité n’a été prononcée à l’encontre de l’élue. La décision de justice souligne notamment des défaillances dans le contrôle exercé par les Hospices civils de Lyon, ainsi que la situation professionnelle de la prévenue.
Par ailleurs, la condamnation ne sera pas inscrite au bulletin n°2 de son casier judiciaire. Les Hospices civils de Lyon, de leur côté, n’ont pas demandé de réparation financière.
Cette affaire intervient dans un contexte judiciaire plus large, marqué notamment par l’ouverture du procès d’un responsable administratif de la faculté de médecine Lyon Sud pour des faits de corruption, soulignant les tensions persistantes autour de la gouvernance et de la transparence dans certaines institutions hospitalières.
Sources :
Lyon Capitale – Une conseillère condamnée pour prise illégale d’intérêts – https://www.lyoncapitale.fr/actualite/une-conseillere-grand-coeur-lyonnais-condamnee-pour-prise-illegale-d-interets
