Entre les deux tours des municipales à Lyon, Michel Noir s’exprime dans Le Progrès et s’oppose fermement à l’alliance entre écologistes et La France insoumise. L’ancien maire dénonce une rupture avec la tradition politique lyonnaise et apporte son soutien à Jean-Michel Aulas.
À l’occasion de l’entre-deux-tours des municipales, l’ancien édile de la ville (1989-1995) a confirmé dans les colonnes du Progres son opposition frontale à l’alliance conclue entre les écologistes de Grégory Doucet et La France insoumise.
« Les maires de Lyon ont toujours été opposés aux extrêmes, de droite comme de gauche », affirme-t-il, évoquant un « moment historique » pour la ville. Selon lui, cette alliance marque une rupture inédite avec une tradition politique lyonnaise fondée sur la modération, entre centre gauche et centre droit. Il n’hésite pas à qualifier La France insoumise d’« extrême gauche », dénomination que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon réfute, dénonçant une formation qui aurait, selon ses mots, « transformé l’Assemblée nationale en vociférations aiguës ».
Derrière cette critique, Michel Noir remet également en question la notion même de « fusion technique », avancée pour justifier le rapprochement entre les deux blocs. « Ce terme, il faudra m’expliquer », lance-t-il, estimant que cette stratégie permet à LFI d’obtenir une représentation accrue au conseil municipal sans avoir été directement validée dans les urnes.
Face à cette recomposition politique, l’ancien maire assume clairement son choix. « J’ai voté Aulas au premier tour », déclare-t-il, apportant un soutien explicite à l’ancien président de l’OL. Il justifie ce positionnement par son attachement à ce qu’il appelle la « sagesse lyonnaise », une approche pragmatique et progressive de l’action publique, selon lui.
Sur le fond, Michel Noir oppose également sa vision de l’aménagement urbain à celle portée par l’actuelle majorité. Revenant sur son propre bilan, notamment le plan Presqu’île, il défend une méthode fondée sur la transition plutôt que la rupture. « Le changement de comportement humain doit se faire pas à pas », insiste-t-il, rappelant avoir développé des parkings souterrains avant de réduire la place de la voiture en ville.
Cette approche contraste, selon lui, avec certaines orientations actuelles jugées trop idéologiques, notamment sur la question de la circulation automobile. Il critique ainsi l’opposition de la majorité à certains projets d’infrastructures, comme le tunnel destiné à désengorger Fourvière, estimant qu’un débat fondé sur des données concrètes devrait primer sur les positions de principe.
Dans le programme de Jean-Michel Aulas, Michel Noir voit au contraire des propositions structurantes, à commencer par le projet de métro, qu’il juge pertinent malgré son coût estimé à 1,5 milliard d’euros. Il considère que cet investissement peut s’inscrire dans une stratégie de développement à long terme, en lien avec les capacités financières du Sytral.
Au-delà des projets, cette prise de position s’inscrit dans un affrontement plus large entre visions de la ville. D’un côté, une approche écologiste et politique assumée, de l’autre, une ligne revendiquée comme pragmatique et modérée. Dans ce contexte, l’intervention de Michel Noir vient peser dans un débat déjà tendu, où chaque voix compte à l’approche du second tour.
Nous avions eu l’occasion d’nterviewer l’ancien maire de Lyon qui s’est rendu à la réunion du groupe Bilderberg de 1991 juste avant le premier tour des municipales. Il nous avait déjà confié soutenir Jean-Michel Aulas et s’en était déjà pris aux écologistes, alors que sa belle fille figure sur la liste Coeur Lyonnais dans le 4e.
Pourtant, l »ancien maire de Lyon avait déjà eu l’occasion de rencontrer le maire de Lyon sortant, Grégory Doucet. C’était à l’occasion du diner annuel du CRIF Auvergne-Rhône-Alpes qui s’est déroulé au mois de décembre dernier au Pasino Grand Partouche à la Tour de Salvagny et les deux hommes avaient même pris la pause ensemble, tout sourire.
Sources :
Le Progrès – Interview de Michel Noir, 19 mars 2026 – lien