La visite de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, à l’Université Lyon-3 a suscité une vive réaction de militants propalestiniens ce vendredi. Dès son arrivée, des slogans hostiles à Israël et dénonçant sa visite étaient visibles aux abords du campus, traduisant une opposition marquée envers la politique israélienne et le soutien supposé de la présidente.
Tags et slogans hostiles
Des inscriptions comme « Yaël casse-toi », « génocidaires hors de nos facs », « Free Gaza » ou « Free Palestine » avaient été taguées durant la nuit précédant son arrivée, bien que certaines aient été rapidement effacées. Plus de 100 manifestants se sont rassemblés dans l’après-midi, scandant des messages tels que « Israël criminel, Yaël complice » et « Yaël, casse-toi de là, Lyon-3 n’est pas à toi ». Ces slogans dénonçaient le rôle de Braun-Pivet dans les institutions françaises ainsi que son soutien présumé à l’Etat hébreu, dans un contexte international tendu. La présidente s’était rendu en Israël après les attaques du 7 octobre.
Sur X, le militant, Ilan Gabet, a expliqué que “Les CRS sont ENTRES à l’intérieur de la faculté pour déloger les étudiants, empêchant la tenue des cours”. “Les étudiants REFUSENT la présence de Yaël Braun-Pivet et de tous les complices du GENOCIDE des Palestiniens dans nos FACS. DEGAGEZ et laissez les cours se tenir paisiblement.”
Aujourd’hui, les étudiants de Lyon 3 ont DEFENDU leur université contre la venue de @YaelBRAUNPIVET.
— Ilan Gabet (@Ilangabet) November 8, 2024
« Complice du GENOCIDE, hors de nos FACS »
Ils ont BLOQUÉ les entrées de l’établissement et recouvert l’université de TAGS.
TOTAL soutien à nos CAMARADES 💪 🇵🇸
Les CRS sont… pic.twitter.com/txtdmviz6T
Appel au dialogue et réactions politiques
Malgré les tensions, Yaël Braun-Pivet a insisté sur sa volonté de dialoguer avec tous. « Il est particulièrement dommageable que certains préfèrent l’invective, préfèrent l’obstruction plutôt que le dialogue. Moi, j’étais tout à fait prête à échanger avec eux s’ils le souhaitaient », a déclaré à la presse, celle qui s’est ensuite présenté comme une défenseur de la Liberté d’expression.
Le débat fonde notre démocratie. Il doit pouvoir se tenir en toutes circonstances et en tous lieux, en particulier dans nos universités.
— Yaël Braun-Pivet (@YaelBRAUNPIVET) November 8, 2024
Merci aux étudiants de l'Université Jean Moulin à Lyon qui sont venus échanger avec moi aujourd'hui. Nous avons tous le devoir de nous… pic.twitter.com/ghYcU5g3E4
Cette manifestation a également suscité des réactions politiques. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a condamné les manifestations sur le réseau social X, qualifiant les actions des militants de « dérive fasciste » et dénonçant une « instrumentalisation du drame que vivent les Palestiniens ». Il a apporté son soutien à la présidente de l’Assemblée nationale en affirmant que « la République est partout chez elle », en réaction à ceux qui auraient voulu l’empêcher de s’exprimer.
Soutien total à Yaël Braun-Pivet que des manifestants d’extrême gauche aux idées antisemites veulent interdire d’accès à une université.
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) November 8, 2024
La République est partout chez elle.
Insupportable dérive fasciste de militants qui instrumentalisent le drame que vivent les palestiniens.
Condamnation de l’Université Lyon-3 et action judiciaire
L’Université Lyon-3 Jean-Moulin a publié un communiqué condamnant fermement les tags jugés « inacceptables et scandaleux ». L’établissement a annoncé avoir saisi la justice afin de répondre à ces actes de vandalisme et de maintenir un environnement de dialogue et de respect sur le campus.